Roman Polanski le 19 février 2009 à Potsdam.
Roman Polanski le 19 février 2009 à Potsdam. - H. HANSCHKE

Recueilli par Vincent Vantighem

Votre client est en prison depuis deux semaines. Comment va-t-il ?
J'ai vu Roman Polanski le week-end dernier. Je l'ai trouvé très abattu, démoralisé. Roman a 76 ans. Il a vraiment envie de purger cette histoire.

Plusieurs médias ont évoqué des problèmes de santé...
C'est faux. Quand je l'ai vu, il venait de subir quelques examens en prison. Mais ça va. Il n'y a pas d'incompatibilité entre son état de santé et son placement en détention.

Justement, où en est sa demande de remise en liberté ?
Le tribunal pénal fédéral de Bellinzona (Suisse) doit rendre sa décision dans les prochains jours. La semaine dernière, le ministère public a rendu un avis négatif à ce sujet. Mais depuis, nous avons apporté des garanties fortes. Roman est prêt à payer une caution, à se rendre deux fois par jour à la police. Et même à être assigné à résidence en Suisse s'il le faut.

Avant d'être extradé vers les Etats-Unis ?
La justice américaine n'a pas encore transmis à la Suisse les documents d'extradition. Elle a jusqu'à début novembre pour le faire. Et je ne doute pas qu'elle le fera. A ce moment-là, nous étudierons les recours possibles.

Quels peuvent-ils être ?
Une fois les documents reçus, le tribunal de Bellinzona peut accepter ou pas l'extradition. Si elle accepte, nous pouvons faire appel devant le tribunal de Lausanne. Si on s'y oppose jusqu'au bout, cela peut prendre six mois.

Les soutiens dont il a bénéficiés peuvent-ils jouer en sa défaveur ?
Roman est conscient que certains soutiens ont été contre-productifs. Cela a suscité un débat sur l'immunité artistique qui est totalement hors sujet. Mais, en même temps, il a été très touché. Je le sais car il m'a demandé de remercier chaque personne en son nom.