DIPLOMATIE - Ceux-ci prévoient notamment l'ouverture des frontières fermées depuis 1993 et l'instauration de relations diplomatiques...
C’est la fin symbolique de près d'un siècle de tensions. La Turquie et l'Arménie ont signé samedi soir à Zurich des accords historiques en vue de normaliser leurs relations, sous l'oeil vigilant des chefs de la diplomatie américaine, russe, française, européenne, et suisse.
Les ministres des Affaires étrangères des deux pays ont signé des accords bilatéraux historiques visant à normaliser leurs relations, hantées par le souvenir des massacres et déportations d'Arméniens en 1915-1917. Le ministre arménien Edouard Nalbandian et son homologue turc Ahmet Davutoglu se sont ensuite longuement serré la main.
La cérémonie a été retardée de près de trois heures et demie en raison d'une «difficulté de dernière minute» liée aux discours qui devaient être prononcés. Finalement, il a été décidé qu'aucune allocution ne serait prononcée pour régler le problème, a-t-on appris de source diplomatique turque.
Dans l'intérêt de tout le monde
La Turquie et l'Arménie ont beaucoup à gagner d'une réconciliation: la Turquie espère faire avancer ses négociations d'adhésion avec l'Union européenne, tandis que l'Arménie, enclavée et sans ressources pétrolières, sortira de l'isolement. En effet, l'accord permettrait «d'ouvrir une brèche dans la frontière entre la Turquie et l'Arménie, hermétique depuis 1993», comme le rappelle
ce reportage publié dans
Le Monde. Une frontière qui sert de
contexte au film de Robert Guédiguian sorti en 2006,
Le Voyage en Arménie.
Pour la mise en pratique, il faudra attendre encore
Pour devenir effectifs, ces protocoles prévoyant notamment l'établissement de relations diplomatiques et la réouverture de la frontière devront cependant être ratifiés par les deux parlements et cela pourrait traîner en longueur en raison de l'hostilité des députés des deux pays.
>> A lire: la chronologie du génocide arménien
Même si la Russie, forte de son rôle géostratégique dans la région, avait annoncé l'événement jeudi, une certaine incertitude régnait jusqu'à une déclaration officielle vendredi soir de la Suisse, qui a servi de médiateur entre Ankara et Erevan.
En effet, le souvenir des massacres d'Arméniens par les Ottomans au début du XXe siècle, qualifiés de génocide par Erevan, continue de peser sur les deux pays. Plusieurs milliers d'Arméniens sont descendus dans la rue vendredi pour protester contre le rapprochement avec la Turquie.
Du beau monde au rendez-vous
La secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, le ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner, le ministre slovène des Affaires étrangères et président du Comité des Ministres du Conseil de l’Europe Samuel Zbogar, ainsi que le chef de la diplomatie de l’Union européenne Javier Solana, ont assisté à la cérémonie. Le célèbre chanteur franco-arménien Charles Aznavour, devenu ambassadeur de l'Arménie en Suisse depuis le mois de février, était également présent.
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