REVUE DE WEB - Le Nobel de la paix de Barack Obama ne laisse personne indifférent...
De notre correspondant à Los Angeles
«Un Nobel de la paix, mais pour quel accomplissement?» C'est la question qui revient un peu partout vendredi après
la victoire de Barack Obama, et
surtout sur Twitter. En 140 signes, c'est plutôt le sarcasme qui domine:
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«Le Nobel semble surtout récompenser ses discours. N'aurait-on pas dû le donner à son télépromteur?»(
@knowsEbay)
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«Devrait-on décerner le prix au président d'un pays en guerre et avec Guantanamo non fermé?»
(@Piolinna)
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«De toute façon, les conservateurs seraient outragés si Obama gagnait une tarte aux myrtilles à la loterie» (
@Stanks)
«Pas de paix, pas de prix»
Du côté des commentateurs politiques, la palme revient à l'ultraconservateur
Rush Limbaugh: «Ceci révèle l'illusion qu'est Barack Obama. Avec ce prix, les élites mondiales poussent Obama, l'homme de paix, à ne pas envoyer plus de troupes en Afghanistan, à ne pas s'en prendre à l'Iran et son programme nucléaire; en somme, ils continuent à émasculer les Etats-Unis»,
écrit-il à Politico. Une dernière petite louche: «Ils (les élites, ndr) n'aiment rien de plus que des Etats-Unis affaiblis et castrés.» Le blog
Red State (droite) rappelle que Yasser Arafat a également été récompensé et demande «qui se trouve aux côtés de terroristes maintenant?».
«Pas de paix, pas de prix»,
raille Joe Klein, de
Time Magazine. «Le prix est tellement prématuré qu'il en est ridicule. Une impression flotte: celle qu'Obama a gagné juste parce qu'il n'était pas George Bush et que les Européens sont contents qu'il n'ait pas amené de flingues au dîner.» Et de conclure: «A Obama de montrer par les actes qu'il a le courage et l'intelligence que ce prix récompense.»
Les dessinateurs de presse n'ont évidemment pas raté l'occasion. Forges, pour
El Pais, croque Obama en colombe noire, un rameau d'olivier dans le bec, tandis que Pavel Constantin, en Roumanie, le
montre avec une brosse, en train de laver un mur ensanglanté.
«Il aurait dû refuser le prixr»
Chez les politiques américains, le ton est contrasté. Le démocrate Jimmy Carter, lauréat en 2002, y voit un signe «que l'administration Obama incarne l'espoir non seulement pour le peuple américain mais pour le monde tout entier». Michael Steele, le président du RNC (Comité national républicain)
demande, lui, dans le Washington Post «ce qu'Obama a jamais accompli». L'ambassadeur auprès des Nations Unies de l'administration Bush, John Bolton,
estime sur National Review qu'Obama aurait carrément dû «refuser le prix et
candidater dans trois ou quatre ans».
Certains républicains sont malgré tout beau joueurs. «Je suis sûr que le président comprend qu'il doit maintenant se montrer à la hauteur. Mais en tant qu'Américains, nous sommes fiers quand notre président reçoit une récompense aussi prestigieuse», réagit John McCain.
Tim Pawleny, le gouverneur du Minnesota (nom à retenir, il devrait être candidat à l'investiture républicaine en 2012), estime que si «certains demanderont si le prix récompense des intentions ou des résultats, la seule réponse appropriée est de dire 'Félicitations'».
Pensez-vous comme Rush Limbaugh qu'Obama est désormais émasculé?
Philippe Berry