DIPLOMATIE - C'est qu'affirme l'hebdomadaire américain «Newsweek», qui consacre sa prochaine couverture à la question...
De notre correspondant à Los Angeles
A la lecture, le trait est cependant beaucoup plus nuancé. Newsweek revient sur quelques grands moments de la relation entre les deux hommes, qu'il décrit du côté du président français comme un mélange d'admiration et d'exaspération.
«Mon copain»
D'un côté, un Nicolas Sarkozy tout sourire qui
appelle Barack Obama son «copain». De l'autre, un président américain qui «n'a pas retourné la faveur», relève
Newsweek. Le magazine analyse également le langage corporel des deux hommes lors du G20 de Pittsburgh, avec «Barack Obama et Gordon Brown côte à côte, et un Nicolas Sarkozy un peu à l'écart, comme s'il était le témoin à un mariage de deux inconnus».
Car pour l'hebdomadaire, «Nicolas Sarkozy veut agir, prendre les commandes» sur l'Iran. Et
d'après RealClearPolitics, en privé, le président français affiche «son mépris» face à l'action d'un Obama jugé trop «naïf» et trop «tendre» lorsqu'il dit vouloir poursuivre les négociations avec Téhéran, alors qu'il savait depuis «avant son investiture» que le régime iranien disposait d'un 2e site d'enrichissement.
Joe Pesci et Denzel Washington
Du rififi dans le couple franco-américain? Encore une fois, on en revient à Sarkozy le bouillant face à Obama le distant, l'instinctif contre le réfléchi. Qui ne se complètent pas forcément si mal. Sam Popkin, professeur de sciences politiques à l'Université de Californie de San Diego, rappelle à 20minutes.fr qu'au G20 de Londres, la menace de Nicolas Sarkozy de claquer la porte n'avait pas vraiment été goûtée par les Chinois, et que Barack Obama avait calmé tout le monde. Au final, un
accord sur les paradis fiscaux avait été trouvé.
Sarkozy jalouse peut-être la popularité d'Obama en France, comme l'avance
Newsweek. Obama ne se lâche peut-être jamais complètement (
et serre la main de Carla Bruni quand Nicolas Sarkozy plante deux bises sur les joues de Michelle). Le tandem évoque peut-être
Joe Pesci et
Denzel Washington, comme raille l'hedbo. Mais l'époque de George W. Bush et
des freedom fries semble bien révolue.
Débat: Newsweek voit-il juste, selon vous?
Philippe Berry