C'est une première dans l'histoire de l'Etat d'Israël pour un ancien chef de gouvernement. Ehoud Olmert, inculpé pour une série de malversations, a comparu vendredi devant un tribunal de Jérusalem.
L'ancien Premier ministre est notamment inculpé de fraude, d'abus de confiance, usage de faux documents, dissimulation de revenus frauduleux et évasion fiscale. On lui reproche notamment d'avoir touché des centaines de milliers de dollars en liquide d'un homme d'affaires américain et d'avoir usé de ses pouvoirs pour favoriser certains de ses proches.
«Ce n'est pas une journée facile pour moi»
Sous la pression, il avait été contraint de démissionner le 21 septembre 2008, mais a toujours nié les faits. S'adressant à la presse, il a de nouveau clamé son innocence à son entrée dans la salle du tribunal de district de Jérusalem où s'est ouvert son procès. Aujourd'hui âgé de 64 ans, Olmert risque plusieurs années de prison.
«Ce n'est pas une journée facile pour moi. Cela fait trois ans que je suis la cible d'une campagne de diffamation quasi inhumaine. Je suis innocent et je suis certain que la Cour me lavera de tout soupçon», a déclaré Ehoud Olmert.
Autres démêlés avec la justice pour les politiques
Porté au pouvoir en mars 2006 en remplacement d'Ariel Sharon, le douzième Premier ministre d'Israël a quitté le pouvoir en mars dernier sur un bilan contesté, après avoir été sévèrement critiqué pour sa gestion de la guerre contre le Hezbollah au Liban (12 juillet-14 août 2006). Il a été remplacé à la tête du gouvernement par le chef du parti Likoud (droite) Benjamin Netanyahu. L'ancienne chef de la diplomatie, Tzipi Livni, lui a succédé à la direction du parti Kadima.
D'autres hommes politiques en Israël ont eu des démêlés avec la justice. La police a ainsi recommandé début août l'inculpation pour corruption et entrave à l'enquête de l'actuel ministre des Affaires étrangères Avigdor Lieberman qui a promis de démissionner de ses fonctions s'il était inculpé. De son côté, le procès pour viol et harcèlement sexuel de l'ex-président Moshé Katzav a repris début septembre à Tel Aviv. Il risque jusqu'à 16 ans de prison s'il est reconnu coupable.