RECHERCHE - 20minutes.fr fait le point sur la découverte de l'équipe américano-thaïlandaise...
En quoi consiste ce nouveau vaccin?
Les chercheurs ont combiné deux vaccins qui existaient déjà. Il s'agit de l'Alvac HIV de Sanofi Pasteur et l'Aidsvax, mis au point par VaxGen et désormais propriété de l'association à but non lucratif Global Solutions of Infectious Diseases (GSID), et qui s'était révélé inefficace seul.
Comment les tests ont-ils été menés?
L'étude a été effectuée sur 16.000 volontaires thaïlandais hétérosexuels qui ne présentaient pas de risque particulier d'infection par ce virus. C’est-à-dire des personnes qui n’ont pas de comportement jugés «à risques». La moitié a reçu une injection du cocktail vaccinal, l'autre recevant un placebo. Les sujets ont été suivis pendant 3 ans et demi, alors qu'ils menaient une vie normale. Des sérologies (l’études des sérums, qui peuvent varier en fonction des maladies) ont été effectuées à la recherche du VIH.
Quels ont été les résultats?
Dans le groupe qui a bénéficié du vaccin, 51 personnes ont été contaminées par le VIH, contre 74 dans le groupe placebo. Soit une diminution des contaminations de 30%. Une protection jugée «modeste» par l'
ANRS (l'Agence nationale de recherche sur le sida) mais un essai qui «démontre pour la première fois la preuve du concept qu'un vaccin protecteur contre le VIH (virus du sida) est possible».
Pourquoi cette combinaison est efficace?
Le professeur Yves Lévy, de l’ANRS, explique qu'elle agit «sur plusieurs branches du système immunitaire en même temps» et que «
l'efficacité s'en trouve démultipliée». Mais les chercheurs ne savent pas précisément pourquoi cette combinaison fonctionne si bien par rapport aux autres qui sont testées.
Cette découverte est-elle aussi un espoir pour les malades?
Non. La combinaison est efficace en tant que vaccin préventif, mais n'a aucun effet sur le virus une fois que celui-ci est dans l'organisme. Pendant la phase de test, les sujets contaminés malgré la vaccination avaient autant de virus dans le sang que ceux qui n'avaient pas été vaccinés.
J. M. avec agence