GEOGRAPHIE – L'ancienne capitale de l'acier américain accueille les dirigeants des plus grandes économies mondiales durant deux jours. Un drôle de choix...
Lorsque Robert Gibbs, le porte-parole de la Maison Blanche, a annoncé fin mai que le sommet américain du G20 se tiendrait à
Pittsburgh, les
rires ont fusé dans la salle de presse. Il faut dire que circulent sur Pittsburgh un paquet de blagues, la ville se traînant la (fausse) réputation d’être l’une des plus sales du monde. Autre source potentielle de rigolade: c’est à Pittsburgh qu’a été fabriquée
la première bouteille de ketchup Heinz. Or ce qui a pu paraître comme un choix géographique surprenant a en fait été bien réfléchi.
Située à l’ouest de la Pennsylvanie, Pittsburgh a longtemps été surnommée
«The Steel City» («La ville de l’acier ») grâce à la présence d’une industrie florissante dans le domaine de l’acier et des chemins de fer. Touchée de plein fouet par la crise économique dans les années 1970, la ville aux 446 ponts (plus qu’à Venise) s’est recroquevillée sur elle-même avant de rebondir lentement mais sûrement dans les années 1980 grâce à une transformation radicale.
Changement de couleur
Les cols blancs ont succédé aux cols bleus et la ville est passée de grise à verte, se relançant dans le domaine de la santé, de l’éducation et des nouvelles technologies. Si elle est deux fois moins peuplée que dans les années 1960 (près de 300.000 habitants aujourd’hui), Pittsburgh vogue désormais sur l’écolo à tout va. Selon La Dépêche, «Pittsburgh se place au 7e rang américain pour les constructions labellisées vertes, avec 33 bâtiments» homologués.
Elle a été sacrée cette année «ville la plus agréable à vivre» des Etats-Unis
par le magazine The Economist et deuxième meilleure ville «pour élever ses enfants» par
Business Week en 2008. Aidée par le lobbying intensif de son jeune maire de 29 ans, Luke Ravenstahl, Pittsburgh a ainsi été choisie pour son image d’une
cité qui a su renaître de ses cendres avec une force foudroyante. «Une métaphore solide dans le climat actuel», souligne le
Daily Telegraph.
C. C.