ONU - Les leaders libyen, iranien et vénézuélien interviennent à New York, créant des sueurs froides...
Les diplomates occidentaux le craignaient. Cela n'a pas raté. L'extravagant leader libyen, Muammar Kadhafi, a parlé pendant plus d'une heure à la tribune de l'Assemblée générale de l'ONU, décalant tout le programme du débat d'ouverture. «Les orateurs ont 15 minutes pour parler. En réalité, on ne peut pas les arrêter, ils parlent le temps qu'ils veulent», glisse Alice Hecht, ancienne chef du protocole.
En 40 ans, c'était la première fois que le «guide de la révolution» se rendait à l'Assemblée générale, dont la Libye a pris la présidence ce mois-ci. Raison de plus de prendre ses aises. Tenant à la main de manière théâtrale la charte des Nations-Unies, il s'en est pris au Conseil de sécurité, clamant que «le veto est contraire à la Charte de l'ONU, l'existence de membres permanents est contraire à la Charte». Il a également stigmatisé les grandes puissances, les accusant d'avoir déclenché de nombreux conflits depuis 1945 pour poursuivre leurs propres intérêts. «Je ne suis pas en train de parler diplomatiquement», a-t-il remarqué au terme d'un discours décousu.
Sans tente fixe
Son discours fleuve faisait suite à la «saga» de sa fameuse tente. Habitué à la planter lors de ses déplacements, dans la tradition bédouine, comme il l'a fait à Rome ou à Paris, il s'est vu cette fois refuser plusieurs emplacements, dont Central Park et le New Jersey. Aux dernières nouvelles, le magnat de l'immobilier Donald Trump l'aurait finalement invité à l'installer
dans l'une de ses propriétés aux environs de New York, selon la presse américaine.
Casse-tête protocolaire
Le colonel Kadhafi, ancien paria devenu officiellement fréquentable, intervenait à la tribune après Barack Obama. Les deux chefs d'Etat ne se sont pourtant pas croisés une seule fois. Les officiels américains ont également fait en sorte que le président américain ne croise à aucun moment
Mahmoud Ahmadinejad, dont le discours, redouté, était prévu en fin d'après-midi. De telles dispositions ont-elles été prises pour que Nicolas Sarkozy ne se retrouve pas nez-à-nez avec le président iranien? «Leurs emplois du temps ne coïncident pas», dit-on à la Mission de la France auprès de l'ONU. Selon le service du protocole de l'ONU, il n'y a pas non plus de photo de groupe au programme.
Parmi les «trublions» de l'Assemblée générale cette année figure également le président vénézuelien Hugo Chavez, qui doit s'exprimer aujourd'hui à la tribune et pourrait bien lui aussi semer la zizanie. En 2007, au même endroit, il avait déjà fait un coup d'éclat en déclarant, à propos du président George W. Bush: «Le diable est dans la maison. Il est venu hier. Et ça sent encore le soufre aujourd'hui.» Sera-t-il contrôlable cette fois-ci? «Ce sont des discours. Il n'y a jamais d'incident aux Nations Unies», note, imperturbable, une fonctionnaire onusienne.
De notre correspondante aux Etats-Unis, Laure Guilbault