ETATS-UNIS - Lula da Silva, Barack Obama, Nicolas Sarkozy, Mahmoud Ahmadinejad... au total, plus de 120 chefs d'Etat et de gouvernement doivent prendre la parole...
Il a passé son grand oral. Barack Obama s'est s'exprimé pour la première fois
devant l'assemblée générale de l'ONU, qui s'est ouverte ce mercredi à 15h15 (heure française, 9h15 à New York). Le président américain a parlé après Ban Ki Moon, le secrétaire général de l'institution, et le président brésilien Lula da Silva, qui préside cette 64e session, et avant Nicolas Sarkozy. Les très attendus Mouammar Kadhafi et le président iranien Mahmoud Ahmadinejad sont également montés à la tribune. Pour ce dernier, devant une salle à moitié vide
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Dernière déclaration: «La grande nation d'Iran est l'un des Etats les plus démocratiques du monde», déclare son président, Mahmoud Ahmadinejad, sans évoquer une seule fois son élection contestée ni les manifestations.
L'ONU se vide pour protester contre le discours d'Ahmadinejad
Devant une salle à moitié vide, Mahmoud Ahmadinejad a livré un de ses discours habituels devant les Nations unies, mercredi soir à New York. Le président iranien s'est livré à un long réquisitoire contre l'état actuel du monde. Il a estimé que «comme le marxisme»,
le capitalisme était voué à disparaître.Il a dirigé des attaques à mots le plus souvent voilés contre les
Etats-unis et l'Europe, dénonçant, comme
Khadafi avant lui, «le droit injuste» du veto. «Il n'est plus acceptable qu'une petite minorité domine la politique, l'économie et la culture dans une large partie du monde grâce à ses réseaux sophistiqués, instaure une nouvelle forme d'esclavage et nuise à la réputation d'autres nations», a-t-il poursuivi. Lyrique comme à son habitude, parlant de «justice», «amour» et «compassion», Ahmadinejad y est ensuite allé de sa classique attaque «contre
le régime sioniste» qui «a commis des actes inhumains» à Gaza.
Israël, comme attendu, a pratiqué la politique de la chaise vide. Mais surtout, une douzaine de délégations, dont celles des
Etats-Unis, du
Royaume-Uni, de la
France ou du
Canada, a quitté la salle pour protester contre un discours jugé «inacceptable» par un diplomate français, selon lequel une concertation entre Européens avait eu lieu au préalable pour décider d'un éventuel départ. «Il est décevant et regrettable que M. Ahmadinejad ait choisi une nouvelle fois de recourir à une rhétorique haineuse, insultante et antisémite», a déclaré dans un communiqué Mark Kornblau, porte-parole de la mission américaine auprès de l'ONU.
Sur CNN, l'expert américain
Walter Russel Mead dit «ne pas se souvenir d'avoir jamais vu une salle aussi clairsemée». Mais selon lui, le discours du président iranien «s'adresse avant tout au monde musulman». Plusieurs diplomates du Moyen-Orient ont d'ailleurs chaleureusement applaudi Mahmoud Ahmadinejad.
Nicolas Sarkozy se montre sévère avec l'Iran
Presque en même temps que
la diffusion de son allocution télévisée sur TF1 et France 2, le président français s'est exprimé pendant vingt minutes devant l'ONU, à 20h30, soit trois heures après l'heure prévue. Il s'est montré déterminé, indiquant que «soit l'ONU se réforme, soit l'ONU choisit l'immobilisme», plaidant également pour une réforme du Fonds monétaire international.
Comme son homologue américain, le président français a abordé la question du nucléaire. Il a averti que les Iraniens «commettraient une tragique erreur» en «misant sur la passivité de la communauté internationale» pour poursuivre leur «programme nucléaire militaire». Sur TF1 et France 2, il a déclaré qu'«il y aura une date limite» dans le «dialogue avec l'Iran» sur son programme nucléaire, précisant que «dans [son] esprit c'est le mois de décembre».
La diatribe de Mouammar Kadhafi contre le Conseil de sécurité de l'ONU
Pour sa première apparition en quarante ans de pouvoir, le bouillant colonel Kadhafi, qui a fait attendre l'auditoire pendant plus de cinq minutes avant de monter à la tribune, s'en est pris en particulier à la domination exercée sur le Conseil de sécurité par ses cinq membres permanents (Chine, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne et Russie) et à leur droit de veto. «Le veto est contraire à la Charte de l'ONU, l'existence de membres permanents est contraire à la Charte», a-t-il lancé, brandissant le petit livre bleu contenant le texte fondateur des Nations unies. Il a également stigmatisé les grandes puissances, les accusant d'avoir déclenché de nombreux conflits depuis 1945 pour poursuivre leurs propres intérêts. Au total, le discours de Mouammar Kadhafi a duré une heure et demie - contre 40 minutes pour Barack Obama - entre
improvisations et bizarreries.«Qui a dit que les talibans sont des ennemis? Oussama Ben Laden est-il un taliban? Non. Ceux qui ont attaqué le World Trade Center à New York étaient-ils talibans, étaient-ils Afghans? Non», a-t-il martelé.
Barack Obama parle politique internationale, climat et crise économique
Tout en appelant à l'unité et à des actions communes - «une nouvelle ère de coopération multilatérale» - Barack Obama en profite aussi pour faire le bilan des neuf mois de sa présidence en matière de
politique internationale.
«Le jour de ma prise de fonctions, j'ai interdit sans équivoque l'utilisation de la torture par les Etats-Unis», lance-t-il, sous les applaudissements de la salle. Et de rappeler également qu'il a
fait fermer Guantanamo mais que les Etats-Unis vont tout faire pour détruire Al-Qaida, tout en mettant fin de façon responsable à la guerre en Irak. En somme, Barack Obama explique les Etats-Unis n'ont plus à rougir de leur image dans le monde.
Le président américain évoque également la question du
nucléaire: «Les nations qui possèdent l'arme nucléaire ont la responsabilité d'avancer vers le désarmement et celles qui ne l'ont pas doivent y renoncer», a-t-il indiqué, en référence à l'Iran et la Corée du Nord. Il a rappelé que les Etats-Unis étaient prêts à maintenir la politique de la main tendue, à condition que ces deux pays se montrent à la hauteur. Mais
l'Iran et la Corée du Nord sont sur une «pente dangereuse», a-t-il estimé, alors que Mahmoud Ahmadinejad doit s'exprimer lui aussi devant l'ONU et que tout a été fait pour que les deux présidents ne se rencontrent pas.
Barack Obama n'a pas non plus hésité à fustiger l'extrémisme, se gardant bien, toutefois, de retrouver les accents de l'ère Bush. «Je ne dis pas cela pour multiplier les craintes mais pour souligner un fait: nos actions ne sont pas au niveau de l'ampleur des défis auxquels nous sommes confrontés.» Il évoque également le sommet sur le
Proche-Orient avec Mahmoud Abbas et Benjamin Netanyahu de la veille à New York, martelant qu'il faut poursuivre sur la voie de la paix,
même si la rencontre n'a pas été très fructueuse. La poursuite de la colonisation israélienne n'est «pas légitime», soutient-il.
Barack Obama aborde ensuite le thème de
l'environnement. «Nous prendrons toutes les occasions de faire des progrès pour combattre cette menace» du réchauffement climatique, a-t-il souligné, promettant d'investir dans les énergies renouvelableles mais se refusant à chiffrer, comme la veille lors
du sommet sur le climat, à chiffrer l'objectif des Etats-Unis en matière de réduction d'émissions de gaz à effet de serre.
Un couplet sur la
crise économique, enfin.
Le sommet du G20, qui s'ouvre jeudi à Pittsburgh, doit renforcer la réglementation de tous les centres financiers, rappelle le président américain. Mais il évoque surtout la solidarité avec les pays pauvres, en matière de santé notamment. Plus globalement, «la charte de l'ONU nous engage à réaffirmer notre foi envers les Droits de l'homme fondamentaux». Comme «la liberté de s'exprimer et d'adorer le dieu que l'on veut, la liberté pour les citoyens de choisir leur gouvernement, celle pour les jeunes filles d'étudier. (...) L' Amérique sera toujours aux côtés de ceux qui veulent défendre leurs droits», réaffirme-t-il. Barack Obama conclut sur la nécessité pour l'ONU de respecter ses ambitions de paix.
Lula demande que Manuel Zelaya soit rétabli dans ses fonctions
Le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva a profité de son intervention devant l'assemblée générale de l'ONU, qu'il préside cette année, pour appeler à ce que le président déchu du Honduras Manuel Zelaya soit immédiatement rétabli dans ses fonctions. «Sans volonté politique, nous assisterons à d'autres coups d'Etat comme celui qui a renversé le président constitutionnel du Honduras, José Manuel Zelaya,
qui a trouvé refuge à l'ambassade du Brésil à Tegucigalpa depuis lundi», a-t-il déploré.
Ban Ki-Moon appelle plus que jamais à l'unité
«S'il y a jamais eu un bon moment pour agir dans un esprit multilatéral renouvelé, c'est bien maintenant», a martelé en ouverture le secrétaire général de l'ONU. «C'est l'heure de replacer le mot "unies" dans l'expression "Nations unies"», a insisté Ban KiMoon, appelant les 192 Etats membres de l'ONU à «l'unité d'objectif et l'unité d'action». Il veut orienter cette action conjuguée contre les trois plus grands défis transnationaux actuels: le réchauffement climatique, la prolifération nucléaire et la pauvreté.
C. F. avec agence