Gabon: Pourquoi Port-Gentil est-elle le foyer des troubles?

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Publié le 7 septembre 2009.

AFRIQUE - Fief de Pierre Mamboundou, la ville est aussi la capitale économique et pétrolière du pays...

Déchirée par les violences, Port-Gentil ne lâche pas Pierre Mamboundou. Le candidat de l'Union du peuple gabonais (UPG) est arrivé largement en tête à la présidentielle du 30 août dans cette ville de l’ouest du Gabon. Mais il n'est qu'à la troisième place au niveau national. A l'annonce de la victoire d'Ali Bongo, les sympathisants de l'UPG sont aussitôt descendus dans la rue. «On veut pas d'Ali. C'est Mamboundou qui a gagné l'élection. C'est tout», clamait dimanche un jeune Port-Gentillais. Un autre évoquait les accusations de truquage du scrutin lancées par Pierre Mamboundou contre le fils du président Omar Bongo, décédé en juin après 41 ans au pouvoir.

Un calme précaire
 
Mais les manifestations ont rapidement tourné aux émeutes et au pillage. Trois personnes ont perdu la vie. L'UPG affirmait même, ce lundi, que son leader était porté «disparu». Depuis la dispersion, le 3 septembre par les forces de l'ordre d'un sit-in organisé devant la Commission électorale, Pierre Mamboundou, qui aurait été blessé selon son entourage, n'a pas été vu et ne s'est pas exprimé en public.  
 
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Les stigmates des violences étaient encore visibles dans la ville: carcasses de voitures calcinées, marchés incendiés. Si la situation semble revenir à la normale à Port-Gentil, ce lundi, la ville n'a pas pour autant repris son activité normale. L'opposition évoque un «calme apparent». Lundi matin, taxis et véhicules commençaient de nouveau à circuler dans le centre de la ville. «Il n'y a pas eu d'hostilité la nuit dernière, mais apparemment le couvre-feu est maintenu pour le moment, confie Francis*, un habitant de Port-Gentil à 20minutes.fr. Tout est fermé, sauf quelques boulangeries, mais il y a des queues pas possibles».

«On a pu constater l'ampleur des pertes. Le gouvernement prendra des dispositions», a expliqué dimanche le ministre de l'Intérieur. «Le calme est apparent, précaire», affirmait cependant à Libreville sous couvert d'anonymat un responsable de l'Union du peuple gabonais (UPG), le parti de Pierre Mamboundou, qui revendique la victoire à la présidentielle. «Tout est incertain, il peut se passer à tout moment quelque chose».
 
Des intérêts étrangers pour cible
 
Si Port-Gentil est le fief de Pierre Mamboundou, elle est aussi la capitale économique du Gabon. Elle produit à elle seule les trois-quarts de la richesse du pays avec son activité pétrolière et l'industrie du bois. Dès l'annonce des résultats, les intérêts étrangers et particulièrement français ont été pris pour cible par manifestants.
 
Le groupe pétrolier français Total aurait évacué son personnel installé dans la ville. «Là, c'est le statu-quo. J'habite juste à côté de la concession Total. Presque tout le monde autour a quitté la ville pour quelques jours. Il n'y a même pas un bar d'ouvert», explique Francis. «Et la ville est quadrillée par les militaires», ajoute-t-il.
 
Mais ce sont surtout les quartiers populaires qui ont subi les assauts des pillards depuis l'annonce de l'élection d'Ali Bongo. A Grand-Village, où travaillent des centaines de petits commerçants, c'est la désolation. «J'ai tout perdu», affirme, désemparée, Justine Obame, vendeuse dont l'échoppe a été plusieurs fois pillée.
 
* Par souci d'anonymat le nom à été modifié
M. D. avec agence
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