Gabon: La cour constitutionnelle confirme la victoire d'Ali Bongo

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Publié le 4 septembre 2009.

ELECTIONS - Au lendemain de la victoire annoncée d'Ali Bongo, un couvre-feu a été imposé à Port-Gentil et un calme tendu règne à Libreville...

La situation restait tendue et incertaine ce vendredi au Gabon, au lendemain de la victoire annoncée d'Ali Bongo à la présidentielle, de nouveaux incidents ayant secoué dans la nuit Port-Gentil, seconde ville du pays, où le gouvernement a imposé un couvre-feu jusqu'à samedi. A Libreville, le calme semble revenu, grâce à une présence policière et militaire massive. Les habitants restent terrés chez eux.

20h30: Après avoir suivi les évènements au Gabon toute la journée, nous mettons fin à notre live. Retrouvez la synthèse de la journée ici, et les principaux évènements de la journée ici:

19h58: le service SMS reprend
L'envoi de courts messages écrits téléphoniques est de nouveau possible chez les trois opérateurs de téléphonie mobile du pays.

18h48: un commissariat pillé à Port-Gentil
Le commissariat du Château, dans le 2e arrondissement de Port-Gentil, a été pillé par des manifestants, a constaté l'AFP.

17h41: Le couvre-feu est maintenu à Port-Gentil, «jusqu'à nouvel ordre»
«Ce soir, (le couvre-feu) sera appliqué dans toute sa rigueur. (...) Le premier citoyen qui se fera prendre aux alentours des heures indiquées, donc entre 20H00 et 06H00, il sera arrêté et la loi s'appliquera», a déclaré le ministre de l'Intérieur et de la Défense, Jean-François Ndongou.

17h11: La cour constitutionnelle valide l'élection d'Ali Bongo
La cérémonie officielle de proclamation a été diffusée en direct par la télévision publique. «Est déclaré élu le candidat Ali Bongo Ondimba du Parti démocratique gabonais (PDG, au pouvoir) avec 141.952 soit 41,73% (...) sous réserve du contentieux dont la Cour serait saisie», a affirmé la présidente de la Cour, Marie Madeleine Mborantsuo. Le parti de l'opposant Pierre Mamboundou, arrivé troisième (25,22%) a appelé vendredi à «la résistance». Les opposants ont dix jours pour déposer un recours.

16h21: Les forces de l'ordre dispersent badauds et pillards à Port-Gentil
Policiers et gendarmes ont fait usage de gaz lacrymogènes pour disperser cette foule venue à Grand-Village, un quartier proche du centre de Port-Gentil, certains pour constater les dégâts des pillages de la veille, d'autres pour emporter des biens, selon le correspondant de l'AFP.

15h53: Le parti de l'opposant Pierre Mamboundou appelle à la «résistance»

Le parti du candidat arrivé troisième à l'élection présidentielle de dimanche au Gabon appelle à la «résistance» et a fait part de sa «préoccupation» pour la vie de Pierre Mamboundou. Ce dernier a été blessé lors d'une dispersion de manifestants jeudi.

14h44: Les expatriés français toujours invités à rester chez eux
Les expatriés français vivant au Gabon sont toujours «invités à rester chez eux et à éviter tout déplacement», indique ce vendredi le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Eric Chevallier. «A ce stade il n'y a pas eu de blessé français, nous n'avons pas d'informations sur d'autres personnes», et «la nuit s'est passée de manière relativement calme», a-t-il poursuivi, faisant cependant état d'informations sur des «pillages ponctuels».



14h30: Total «protège» ses employés mais «ne part pas»

Le groupe a pris des «mesures de sécurité» pour «protéger» ses employés au Gabon sans pour autant les exfiltrer, a déclaré vendredi son PDG Christophe de Margerie. «Nous avons pris des mesures de sécurité mais on ne part pas», a-t-il affirmé en marge de l'université d'été du Medef à Jouy-en-Josas (Yvelines).

12h21: Le gouverneur de Port-Gentil démis de ses fonctions

Le gouvernement gabonais a relevé jeudi de ses fonctions le gouverneur de la région de l'Ogooué maritime (ouest), incluant Port-Gentil, après des violences post-électorales dans cette ville, indique le ministère de l'Intérieur ce vendredi. Aucune raison officielle n'a été donnée. Un haut responsable de l'administration a expliqué à l'AFP que le gouverneur Beka B'Obame avait été sanctionné pour n'avoir «pas joué son rôle» lorsque les violences ont été déclenchées dans la capitale économique du pays.

12h15: «L'armée est partout»
Une habitante de Libreville, contactée par 20minutes.fr, indique que si la situation est calme ce vendredi matin, c'est parce que «l'armée est partout. Si elle n'était pas là, il y aurait de vrais désordres», confie Béatrice. Selon elle, «les Gabonais ne pourront pas accepter l'élection d'Ali Bongo car ils voulaient n'importe quel président, sauf lui».

12h02: Le PS dénonce le scrutin
Le Parti socialiste dénonce un scrutin présidentiel «précipité et contesté» aux «conséquences inquiétantes» au Gabon, et lance aussi un appel «au calme», condamnant les «actes d'intimidation» contre des ressortissants français.

11h57: «Une ambiance de mort»
L'ex-candidat Bruno Ben Moubamba rend compte de la situation à Libreville cette nuit sur son compte Twitter: «Je viens de faire un tour dans la ville. Elle est déserte. Ambiance de mort. Fête timide au QG d'Ali Bongo». Sur Flickr, il publie des photos de la journée de jeudi. Pour les voir, cliquez ici.

11h41: Calme précaire à Libreville
Interrogé par 20minutes.fr, Wilfried, un habitant de Libreville explique que le calme est revenu ce matin dans la capitale mais que lui et sa famille n'osent pas sortir pour autant. «Des militaires patrouillent et un couvre-feu a été décrété dans les quartiers pauvres de la ville. Cette nuit, des policiers cagoulés ont fait irruption dans mon quartier et certains rentraient dans les maisons pour attraper quelques jeunes.»

11h07: «On ne sort pas beaucoup, on ne circule pas»

Le responsable franco-gabonais d'une ONG environnementale, qui vit à Port-Gentil depuis 1981, confirme à 20minutes.fr que la nuit a été plutôt agitée dans la capitale économique du pays. «On a entendu des cris jusqu'à 2h30-3h du matin», témoigne-t-il. «Ce matin, c'est plus calme, une marche est prévue depuis le château.» Les Français, appelés à rester chez eux, sont prudents. «On ne sort pas beaucoup, on ne circule pas. Heureusement, l'école n'a pas encore commencé, la rentrée n'est que lundi», ajoute le responsable de l'ONG, qui ne sent toutefois pas particulièrement menacé puisqu'il a la double nationalité.



10h15:
La nuit n'a pas été si calme à Port-Gentil
De nouvelles violences et des pillages se sont déroulés dans la nuit de jeudi à vendredi à Port-Gentil, capitale économique du Gabon, malgré le couvre-feu décrété par le gouvernement selon l'AFP. Plusieurs groupes de pillards auraient été actifs jusqu'au petit matin, dévalisant des commerces et détruisant des stations-essence détruites dans la plupart des quartiers périphériques de la cité portuaire. Ce vendredi, la circulation est extrêmement réduite, et tous les commerces sont fermés. Vingt-trois personnes, dont un Camerounais, ont été interpellées dans la nuit, a indiqué le commissaire du commissariat central de police de la ville, le lieutenant-colonel Nguima Mambinga. Selon le poste de commandant mixte de Port-Gentil, une trentaine d'autres émeutiers, âgés de 14 à 30 ans, ont été également arrêtés.

8h: Kouchner annonce que la France acceptera le résultat de l'élection

Le chef de la diplomatie, a rappelé que le scrutin a été très surveillé et les missions d'observation se sont dites «satisfaites». Il a donc a assuré que le pays «acceptera le résultat des élections les plus contrôlées possible», une fois les éventuels recours examinés. Bernard Kouchner a indiqué que la nuit avait été calme à Port-Gentil et à Libreville. Il a précisé que la France ne prévoyait pour l'instant «pas du tout d'opération de rapatriement» mais que «tout est prêt pour la faire éventuellement».

Dans la nuit

Le ministre gabonais de l'Intérieur nie toute violence contre les «leaders politiques»
«Aucun militaire, aucun policier n'a frappé ou n'a tiré sur un leader politique. Aucun leader politique n'est arrêté, ils sont tous en liberté. Le gouvernement n'a pas pris de dispositions pour restreindre les libertés des leaders», a affirmé Jean-François Ndongou. «Ils voulaient m'empêcher» d'aller à la commission électorale, «j'ai sollicité la contribution des forces de défense et de sécurité (...). Lorsqu'ils ont vu les forces de défense et de sécurité arriver, ils ont eu peur. Certainement, dans la fuite, la bousculade, il y en a qui se sont fait mal», a-t-il assuré.

Les médias malmenés
Plusieurs journalistes gabonais et internationaux couvrant l'élection présidentielle du 30 août et ses suites au Gabon ont été «malmenés», selon Reporters sans frontières (RSF). «Certains journalistes ont été menacés, d'autres tabassés, et des chaînes de télévision ont vu leur signal interrompu», malgré «d'apparentes bonnes conditions de travail le jour du vote», dénonce RSF dans un communiqué. Jeudi, une équipe de France 3 aurait notamment été caillassée à Libreville.
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