Séquestration de Jaycee Dugard: les ravisseurs plaident non coupable, la police fait son mea culpa

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Publié le 29 août 2009.

ETATS-UNIS - La police cherche également des liens éventuels avec d'autres meurtres...

Phillip et Nancy Garrido, accusés d'avoir enlevé, séquestré et violé pendant 18 ans la jeune Jaycee Dugard dans leur maison d'Antioch (Californie, ouest), ont plaidé «non coupables», vendredi, dans une affaire qui soulève de nombreuses questions. Arrêtés mercredi par le FBI après la découverte de Jaycee Dugard, enlevée en 1991 dans l'est de la Californie, les Garrido ont été présentés vendredi à la justice du comté d'El Dorado.

Face à leur 29 chefs d'accusation, parmi lesquels enlèvement, viol et séquestration, les époux, menottés et vêtus de combinaisons rouges, ont plaidé «non coupables» et ont regagné la prison du comté. Une nouvelle audience a été fixée au 14 septembre.

Fanatique religieux


Phillip Garrido, sous contrôle judiciaire à vie, avait déjà fait de la prison après avoir été condamné pour un viol et un enlèvement commis en 1971. Décrit par l'un de ses frères comme un «fou», et par certains voisins comme un fanatique religieux qui voulait créer sa propre Eglise, Garrido alimentait un blog dans lequel il affirmait avoir le pouvoir mental de contrôler les sons.

Dans un entretien à la chaîne KCRA3, juste après son arrestation, il a décrit l'enlèvement de Jaycee Dugard en 1991 comme «une chose dégoûtante» et affirmé avoir «changé de vie» depuis cet épisode. Il a décrit sa relation avec elle comme «attendrissante». Il a par ailleurs affirmé que ceux qui écouteront son histoire «puissante» et qui «réchauffe le coeur» en «tomberont à la renverse».

Retrouvailles

Le beau-père de la jeune fille, Carl Probyn, a déclaré vendredi que Jaycee avait retrouvé sa mère, accompagnée de ses deux filles, et qu'elle se sentait coupable des liens qu'elle avait tissés avec Garrido. Les retrouvailles, organisées autour d'un dîner ont été écourtées car la jeune femme était nerveuse et ses «deux filles n'étaient pas habituées à avoir des gens autour d'elles», a ajouté Probyn.

Mea culpa de la police

Des voix s'élevaient vendredi pour s'étonner que le calvaire de Jaycee ait pu être ignoré aussi longtemps. «C'est un peu gênant d'être là pendant tout ce temps et de ne pas savoir ce qui se passe. Comment tout cela pouvait-il se passer sous notre nez?», s'est interrogé Steve, un voisin des Garrido.

La police elle-même a fait son mea culpa, reconnaissant qu'elle aurait pu sauver la jeune femme en 2006, lorsqu'elle avait été avertie par des voisins que des personnes semblaient vivre dans des tentes, dans le jardin de Garrido. Mais le policier envoyé sur les lieux n'était pas entré dans la maison et n'avait pas inspecté le jardin, a déclaré le shérif du comté de Contra Costa, qualifiant cette faute «d'impardonnable».

Vendredi, la police a annoncé qu'elle cherchait également dans la maison de Garrido d'éventuelles preuves d'un lien entre le suspect et les meurtres non élucidés de dix prostituées dans les années 90, selon la presse locale.
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