L'«Arctic Sea» en eaux troubles

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Publié le 17 août 2009.

ENQUETE - Retrouvé dimanche soir au large du Cap-Vert, le navire, disparu depuis fin juillet, a suscité toutes les rumeurs. Le point sur ce que l'on sait...

L'Arctic Sea, un vraquier battant pavillon maltais, doté d'un équipage russe et d'un armateur suédois, avait été appareillé de Finlande le 23 juillet à destination de l'Algérie, où son arrivée était prévue le 4 août, pour y livrer du bois. Le lendemain de son départ, les ennuis ont commencé.

>> A lire également: L'Arctic Sea retrouvé, l'équipage récupéré, ici
 
Deux attaques peu ordinaires
 
En l'espace de quelques semaines, l'Arctic Sea aurait été attaqué deux fois. La première, lorsqu'une dizaine d'hommes masqués se présentent le 24 juillet dernier comme des policiers à la recherche de drogue. Ils prennent en fait le contrôle du navire chargé de bois dans les eaux territoriales suédoises en mer Baltique. Ils séquestrent l'équipage et fouillent le bateau pour le quitter une douzaine d'heures plus tard sans toucher ni au chargement ni aux marins. Ces derniers rapportent alors leur mésaventure à l'armateur suédois. Celui-ci prévient la police finlandaise, puisque c'est en Finlande que le cargo a été appareillé, mais la nouvelle n'est diffusée que le 30 juillet par la police suédoise, elle-même prévenue la veille par les policiers finlandais. Une seconde attaque, au large du Portugal, est rendue publique le 14 août depuis Bruxelles par la Commission européenne.
 
Les différents contacts
 
Outre le contact avec l'armateur pour relater la première attaque, l'Arctic Sea répond à un appel de routine des garde-côtes britanniques à son passage dans la Manche le 28 juillet. Dans la nuit du 29 au 30 juillet, il se signale lors du passage au large d'Ouessant, au nord-ouest de la France. Rien de suspect n'est relevé. Toutefois, alors que le vraquier navigue dans l'Océan Atlantique loin des eaux territoriales suédoises, la police suédoise établit le 31 juillet un autre contact téléphonique. Elle refuse d'en dévoiler le contenu. C'est le dernier contact avéré avec le navire. Interpol lance une alerte le 3 août. Depuis, les garde-côtes britanniques admettent que la personne avec laquelle le contact a été établi le 28 juillet aurait pu être un preneur d'otages ou un captif parlant sous la menace.
 
Un chargement convoité?
 
L'Arctic Sea est un vraquier qui semble susciter beaucoup de convoitise. Pourtant, son chargement de bois, officiellement d'une valeur un peu supérieure à un million d'euros, n'a pas été volé par les pirates. En outre, la Commission européenne a précisé, sans donner plus de détails, que les attaques opérées «n[étaient] as des actes de piraterie traditionnelle». Dimanche, l'Autorité finlandaise de sécurité nucléaire a de son côté fait savoir qu'une mesure de radioactivité avait été effectuée, sans aucune raison, avant l'appareillage du navire et qu'elle s'était avérée négative.
 
L'enquête qui englobe 20 pays
 
Le 12 août, le président russe Dmitri Medvedev ordonne de «prendre toutes les mesures nécessaires pour retrouver et, si besoin est, libérer» le cargo et son équipage russe. Samedi 15 août, la police finlandaise explique coordonner et centraliser l'enquête et tenir informés «plus de 20 pays». La veille, la Russie et l'Otan ont reconnu coopérer dans la recherche du vraquier. Le 15 août, toujours, un haut gradé de l'armée capverdienne affirme que la Russie et l'Otan - dont les Etats-Unis - surveillent la progression du bateau par satellites et autres moyens.
 
La localisation difficile
 
Dimanche, le commandant des garde-côtes capverdiens Antonio Monteiro affirme que la seule et dernière information sûre en sa possession concernant le positionnement du navire date «du 12 ou du 13 août». Le navire «se trouvait à environ 400 miles du Cap-Vert, suivant la direction 188 degrés, par conséquent dans des eaux internationales». Il ajoute que les autorités capverdiennes n'ont eu aucun contact direct avec l'Arctic Sea. Un militaire capverdien haut gradé a affirmé samedi que le bateau «progressait toujours à une vitesse estimée entre 15 et 20 nœuds» en faisant route vers le sud et qu'il a dépassé le Cap-Vert. Les Russes s'abstiennent de toute confirmation officielle.
 
Une demande de rançon?
 
Les experts ont échafaudé des hypothèses de règlement de comptes mafieux, de trafic de drogue, de différend commercial qui aurait mal tourné. Le 15 août, la police finlandaise annonce, sans donner aucun détail, que l'armateur suédois a reçu une demande de rançon. Le navire a fini par être récupéré dimanche soir vers 23 heures et l'équipage a été transféré sur un navire russe, sans précision sur le versement ou non d'une rançon.
MD (Avec agence)
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