La seule certitude, c’est qu’il n’a pas sombré dans les fonds marins à cause du mauvais temps. Car entre le 23 juillet, date à laquelle le cargo russe est parti de Finlande et le 30 juillet, lorsque sa balise est repérée pour la dernière fois, la météo était plutôt clémente. Il a donc traversé sans peine le «rail» d’Ouessant», au large de Brest.
D’après l’autorité maritime maltaise, le navire «pourrait s’être dirigé vers la haute mer, dans l’Atlantique». Il n’a effectivement pas traversé le détroit de Gibraltar, alors qu’il devait arriver le 4 août à Béjaïa en Algérie. Par ailleurs, l’Arctic sea aurait été aperçu pour la dernière fois au large des côtes portugaises.
Piraterie? Plutôt brigandage
Les autorités n’écartent pas la piste de la piraterie. Patrick Rondeau, responsable sûreté et sécurité chez Armateur de France, préfère, lui, parler de brigandage. «Là, on n’est pas dans la même situation qu’en Somalie où les pirates demandent des rançons et sont en situation d’impunité. En Europe, parfois, on peut avoir des attaques de bateaux : des gens montent à bord, volent des télévisions puis repartent. Là, ce que je ne comprends pas, c’est la finalité», s’interroge le spécialiste.
«Baraterie»
Le navire maltais était en effet chargé de bois finlandais d’une valeur d’environ d’un million d’euros. D’où une autre hypothèse, elle aussi jugée sérieuse. C’est ce qu’on appelle dans le jargon maritime la «baraterie». «Alors, ça, c’est le vol de la cargaison par l’équipage. Mais bon, là encore, il y a plus de questions que de réponses», explique Patrick Rondeau.
Intermédiaire
Autre hypothèse, encore, et cette fois-ci soulevée par le quotidien britannique The Guardian, le vaisseau fantôme aurait pu héberger des trafiquants, et pourquoi pas même parmi les membres de l’équipage. «Le cargo doit désormais se trouver au large des côtes de l'Afrique de l'Ouest, quelque part vers le Nigeria, où il a dû être rebaptisé, repeint et l'équipage débarqué dans un port quelconque, où les marins doivent être probablement sains et saufs», explique au journal Nick Davis, qui dirige une société de sécurité maritime en Grande-Bretagne.
Les hypothèses se multiplient. Et cela risque de continuer encore longtemps. Car les autorités ont perdu le signal AIS du navire. «A plus de 100km de la côte, on ne peux plus voir les navires sur le radar. C’est donc très difficile de les repérer», explique Patrick Rondeau, le spécialiste sécurité d’Armateur de France. Des bateaux de guerre de la Marine russe, dépêchés dans les eaux internationales de l’Atlantique, poursuivaient d’ailleurs activement jeudi les recherches.