MEDIA - Un célèbre présentateur de télévision brésilien est soupçonné d'avoir commandité au moins cinq assassinats pour doper l'audience de son émission sur la criminalité...
Ses caméras étaient toujours les premières sur les lieux du crime, bien avant l’arrivée de la police. Mais cela n’avait rien à voir avec le flair de l’animateur et politicien Wallace Souza, illustre personnalité au Brésil aujourd’hui soupçonnée d'avoir commandité au moins cinq assassinats pour doper l’audience de son émission «Canal Livre».
Wallace Souza démarre sur les ondes en 1989. Ses émissions, qui plongent le spectateur sur les scènes de crimes, fascinent et lui apportent le succès, faisant de cet ancien policier une figure incontournable du paysage audiovisuel brésilien. Mais l’insolente émission «Canal Livre», qui commet l’outrecuidance de ridiculiser les forces de l’ordre en les précédant systématiquement sur les scènes de crime, éveille les soupçons. Une enquête est ouverte et conduit à un homme, autrefois chargé de la sécurité de Souza.
Coup double
Arrêté et inculpé pour neuf meurtres, il avoue aux policiers qu'un de ces assassinats a été commis pour en faire un sujet pour «Canal Livre», rapporte mardi The Guardian. Le tollé oblige la chaîne à remercier Souza et à retirer l'émission de l'antenne en décembre dernier. Le chef de police Thomaz Vasconcelos acquiert la conviction que Wallace Souza est mêlé de près à plusieurs assassinats. Mais les charges contre le présentateur ne s’arrêtent pas là. Celui-ci est également inquiété pour des affaires de trafic de drogue, de formation de gang et de détention illégale d'armes.
C’est d’ailleurs cette activité illégale qui serait au cœur du dispositif meurtrier. Selon le policier chargé de l’enquête, Souza en aurait profité pour éliminer des rivaux, d'importants narcotrafiquants. Les policiers ont mené une perquisition menée au domicile du présentateur, mardi, où ils auraient découvert plus de 100.000 dollars et tout un arsenal d'armes illégales.
En tout, une quinzaine de personnes de son entourage -son fils en tête-, a été arrêté. Wallace Souza, qui jouit d'une immunité politique, est pour le moment toujours en liberté. Les autorités judiciaires brésiliennes devront statuer sur son cas dans les semaines qui viennent.
Il jure qu'il est innoncent. "Je suis chrétien et j'ai une foi énorme, mais si le Christ était à nouveau crucifié, le coupable serait le député Wallace Souza", s'est-il écrié devant ses pairs, selon des déclarations reprises par un site du groupe d'information Globo.
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