IRAN - Le président a prêté serment ce mercredi à Téhéran...
Le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, a prêté serment ce mercredi, promettant que son nouveau mandat serait «le début de changements importants en Iran et dans le monde».
A l'extérieur du Parlement, la police a dispersé plusieurs centaines d'opposants qui tentaient de se rassembler et «scandaient des slogans contre Mahmoud Ahmadinejad», selon un témoin.
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«Personne n'attend vos messages de félicitations»
Pendant sa prestation de serment, le président iranien dont le nouveau mandat court quatre ans, a assuré: «Nous résisterons face aux (pays) oppresseurs et nous allons continuer à agir pour changer les mécanismes discriminatoires dans le monde, au bénéfice de toutes les nations.»
«Ils (les pays occidentaux) ont dit qu'ils reconnaissent les élections (en Iran) mais qu'ils n'enverraient pas de message de félicitations. Cela signifie qu'ils veulent la démocratie seulement pour leurs propres intérêts et ne respectent pas les droits des peuples», a-t-il ajouté, avant de lancer: «Sachez qu'en Iran, personne n'attend vos messages de félicitations.»
L'ambassadeur français présent à la cérémonie
Pour sa part, Nicolas Sarkozy a fait savoir ce mercredi qu'il n'adresserait pas de message de félicitations au président réélu, à l'instar des Etats-Unis qui l'avaient déclaré la veille. La plupart des diplomates étrangers ont pourtant assisté à la cérémonie selon une source diplomatique citée par l'AFP. Les ambassadeurs français, britannique et suédois, dont le pays préside d'Union européenne étaient notamment présents.
La séance du parlement était présidée par son président Ali Larijani. Ce dernier a fait un discours estimant que «certains gouvernements occidentaux se sont ridiculisés par leur comportement précipité et les Iraniens, unis et d'une seule voix, répondront le moment venu à leurs calomnies».
Rafsandjani absent
L'ex-président Akbar Hachémi Rafsandjani, qui préside deux institutions clés du pouvoir (le Conseil de discernement et l'Assemblée des experts) n'a pas assisté à la cérémonie. Les sièges de la salle n'étaient pas tous occupés, selon des images diffusés par la télévision. Le candidat réformateur malheureux Mehdi Karoubi, ex-président du Parlement, l'ancien président réformateur Mohammad Khatami, ainsi que le chef du mouvement de contestation, l'ex-candidat Mir Hossein Moussavi, étaient notamment absents.
Ce dernier a appelé à la pousuite du mouvement, malgré les arrestations dans ses rangs. «Certains ont pensé qu'en arrêtant des gens qu'ils pensent être les meneurs de la protestation, la question sera réglée. Mais le fait est que le mouvement a continué dans le pays et a démontré que les arrestations seront sans effet», a-t-il écrit sur son site Internet.
Grave crise politique
Depuis le 12 juin et la réélection du président dès le premier tour avec près de 63% des voix, l'Iran est plongé dans sa plus grave crise politique depuis l'instauration de la République islamique en 1979, avec d'importantes manifestations. Une trentaine de personnes ont été tuées, environ 2.000 ont été arrêtées et plus d'une centaine sont jugées par le tribunal révolutionnaire de Téhéran. Les prochaines audiences, qui devaient avoir lieu jeudi, sont reportées à samedi.
Lundi, le président iranien a été
confirmé dans ses fonctions par le guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei. Après l'investiture, il disposera de deux semaines pour présenter les membres de son nouveau gouvernement aux députés afin d'obtenir un vote de confiance.
Avec agence