Une bière, et on oublie tout. Comme promis, Barack Obama a réuni jeudi soir dans le patio de la Maison Blanche les acteurs de la première querelle raciale de sa présidence. Ce moment fut «une leçon positive», a estimé le président. Les deux protagonistes de l'affaire, le professeur d'Harvard Henry Louis Gates Jr. et le policier Jim Crowley ont qualifié la rencontre d'«utile», estimant qu'elle avait été l'occasion «d'aller de l'avant, non pas juste pour deux hommes mais pour tout le pays».
Selon un journaliste de ABC présent pendant les deux minutes où la presse fut autorisée, «l'atmosphère n'avait pas l'air spécialement chaleureuse».
Il y a 15 jours, le sergent Crowley avait arrêté Henry Gates pour «trouble à l'ordre public». Le professeur venait d'enfoncer sa porte d'entrée car il ne retrouvait pas ses clés. La police de la petite ville de Cambridge, à coté de Boston, avait été alertée par une voisine croyant à un cambriolage. Henry Gates estime qu'il n'aurait jamais été traité de la sorte s'il n'avait pas été noir. Le policier affirme que le professeur l'a traité de raciste et a insulté sa mère.
A priori, il n'y a pas eu d'excuses échangées jeudi, mais les deux hommes devraient se rencontrer à nouveau plus tard. Jim Crowley a indiqué que lui et Gates «étaient d'accord pour être en désaccord» sur ce qui c'était passé. Selon un enregistrement, il n'y a pas eu de connotation raciale lors de l'arrestation. Barack Obama, interrogé la semaine dernière, avait précisé «ne pas savoir quel rôle la race avait joué» dans l'arrestation, mais il avait ensuite qualifié l'attitude du policier de «stupide» (pour avoir arrêté un homme qui avait apporté la preuve qu'il s'agissait bien de son domicile).
Ses propos avaient éclipsé sa réforme de l'assurance maladie, déclenchant une polémique.