Capturé et tué en l'espace de quelques heures. Le dirigeant de la secte islamiste fondamentaliste «Taliban» a été tué jeudi après son arrestation, a indiqué à l'AFP une source policière ayant requis l'anonymat alors que des images de la dépouille ont été montrées à la presse.
«Il a supplié et demandé le pardon avant d'être tué par balles», a déclaré à l'AFP un policier à de Maiduguri (nord-est), capitale de l'Etat de Borno où Mohamed Yusuf aurait été tué. Une équipe de télévision locale a filmé la dépouille de Mohamed Yusuf. Le dirigeant islamiste, que l'AFP a identifié sur ces images, était dénudé et son corps criblé de balles. Sa dépouille se trouvait au quartier général de la police de Maiduguri, et autour, des policiers jubilaient.
Peu de temps avant l'annonce de sa mort, des sources policière et gouvernementale avaient indiqué que Mohamed Yusuf avait été capturé par l'armée. Selon la BBC, les forces de sécurité nigériennes ont «une terrible réputation, et des groupes de défense des droits de l'homme les accusent régulièrement d'exécutions extra-judiciaires».
Les combats auraient cessé, mais le bilan est lourd. Au moins 600 personnes ont été tuées en cinq jours d'affrontements entre l'armée et des extrémistes islamistes. Le numéro deux de la secte des talibans a, lui, été abattu au moment où il s'enfuyait de Maiduguri, fief des islamistes locaux. Selon un journaliste et un photographe de l'AFP à Maiduguri, capitale de l'Etat de Borno, les combats ont cessé ce jeudi en milieu de matinée.
L'armée, qui avait reçu des renforts, n'a visiblement pas fait de quartier à Maiduguru. «Toute la nuit nous avons entendu des tirs dans les quartiers de Shokai et de Dekwa Lowcost», a déclaré un témoin. Après cette attaque, l'armée a bombardé ce jeudi matin d'autres quartiers de la ville pour écraser les dernières résistances.
A l'hôpital de Maiduguri, on indiquait ce jeudi qu'il y avait «une quantité innombrable de cadavres». «Certains sont toujours dans les rues et autour du quartier général de la police», a-t-on ajouté. «La Croix-rouge Nigériane à Maiduguri, a évacué des blessés vers les centres médicaux et a visité les camps de déplacés», a expliqué un membre de la Croix rouge à 20minutes.fr. «Le CICR a envoyé deux équipes hier [mercredi] et ce matin [jeudi] pour les soutenir dans leur travail», a-t-il ajouté.