Nigéria: la police bombarde la maison du chef de la secte «Taliban»

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Publié le 28 juillet 2009.

VIOLENCES - Les militants islamistes ont mené leurs attaques, munis d'arcs, de flèches, de cocktails Molotov et de bâtons, selon la presse...

Les violences se poursuivent. La police aurait bombardé la maison du leader spirituel des «talibans», à Maiduguri, qui ont fait, selon un nouveau bilan au moins 206 mort depuis dimanche.

Des combats ont eu lieu, ce mardi à la mi-journée, à Maiduguri, ville du nord-est du Nigeria. Des coups de feu en continu provenant du quartier résidentiel Unguwar Galadima, d'où s'élevaient des colonnes de fumée, pouvaient être entendus depuis le commissariat de police central.

Le président Yar'Adua a décrété l'«alerte totale» des forces de sécurité. Le bilan officiel communiqué lundi faisait état de 55 morts dans les Etats de Bauchi et Yobe: 5 policiers et 50 rebelles. Mais ce mardi, des journalistes locaux ont indiqué avoir vu la veille une centaine de cadavres entreposés dans un poste de police à Maiduguri, capitale de l'Etat de Borno.

«D'après ce que nous avons vu, il y aurait plus de 100 corps amenés dans la cour du commissariat», a affirmé l'un d'eux, Ibrahim Bala, travaillant pour une radio locale. Un témoignage corroboré par une autre journaliste ayant requis l'anonymat.

Quatre états touchés par les attaques

Les violences dans le nord du Nigeria ont éclaté dimanche matin, quand des islamistes radicaux de la secte «Taliban», qui ne sont pas directement liés aux talibans d'Afghanistan, ont tenté d'attaquer un poste de police dans l'Etat de Bauchi. Le groupe est appelé, en langue haoussa, «Boko haram», qui signifie «l'éducation occidentale est un pêché». Les attaques se sont ensuite propagées dans la région, touchant en tout quatre états: Bauchi, Borno, Kano et Yobe.
 
Le chef de l'Etat, en déplacement lundi dans le sud-ouest du pays, a ordonné aux services de sécurité «de prendre toutes les mesures nécessaires pour contenir et repousser les attaques». Maiduguri a été placée sous couvre-feu de 19 heures à 6 heures du matin. Selon la police et des témoins, les «talibans» ont mis le feu notamment à des églises et des postes de police. A Potiskum, à 200 km à l'ouest de Maiduguri, ils ont égorgé lundi un pompier et brûlé vif un policier, selon des sources policières.
 
Peu d'informations sur la secte

La secte des «talibans», dont le berceau est Maiduguri, s'est fait connaître en 2004 quand elle a établi sa base dans le village de Kanamma (Etat de Yobe), à la frontière avec le Niger. Composée essentiellement d'étudiants en rupture d'université, elle comptait à ses débuts environ 200 membres. Sa taille actuelle est inconnue. A l'instar de l'ancien régime taliban en Afghanistan, elle veut instaurer un Etat «islamique pur» dans le nord du Nigeria.
 
Depuis 2004, des heurts entre ces «talibans» et les forces de l'ordre ont éclaté de manière sporadique dans différents états du nord, mais le bilan des violences n’a jamais été aussi lourd. Le nord du Nigeria, pays d'au moins 140 millions d'habitants, est à dominante musulmane et le sud est majoritairement chrétien. Douze états septentrionaux ont instauré loi islamique, la charia, depuis 2000.
Maud Descamps (avec agence)
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