Mahmoud Ahmadinejad demande que tous les manifestants arrêtés soient libérés avant le 7 août

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Publié le 28 juillet 2009.

IRAN - Plus tôt, 140 détenus impliqués dans les violences post-électorales ont déjà été libérés...

Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a appelé mardi le chef du pouvoir judiciaire à libérer d'ici le 7 août les manifestants arrêtés lors des protestations post-électorales et sur lesquels ne pèsent pas de graves accusations. «Dans la mesure où un temps considérable s'est écoulé depuis leur arrestation, nous nous attendons à ce que la situation de tous les accusés soit examinée rapidement», a affirmé le président dans une lettre adressée au chef du pouvoir judiciaire Mahmoud Hachémi-Chahroudi, selon la télévision d'Etat, lui demandant «de faire preuve de maximum de compassion au nom de l'islam à l'égard de ceux parmi nos concitoyens qui se sont retrouvés inconsciemment sur cette voie».

Plus tôt dane guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, a ordonné la fermeture d'un centre de détention qui ne serait «pas aux normes», alors que le débat sur les conditions de détention des personnes récemment arrêtées fait rage. Les autorités iraniennes ont par ailleurs annoncé la libération de 140 détenus de la prison d'Evine à Téhéran. Ils avaient été arrêtés lors des manifestations de protestation contre la réélection du président Mahmoud Ahmadinejad. Environ 200 personnes restent en détention, parmi lesquels 50 sont «des hommes politiques, des membres de groupes antirévolutionnaires et des étrangers», a ajouté un membre de la commission parlementaire chargée de cette libération.

Un geste pour «calmer le jeu»

Pour Mehdi Dadsetan, écrivain et docteur en sciences économiques iranien, «il s’agit d’un geste destiné à calmer le jeu après les pressions de la rue et de l’opinion publique internationale». Ces décisions s'inscrivent «dans un ensemble de faits qui se sont produits depuis une dizaine de jours», ajoute Marie Ladier-Fouadi, chercheuse au CNRS, d'origine iranienne.

Depuis quelques jours en effet, la question des personnes arrêtées lors des manifestations contre la réélection le 12 juin du président Ahmadinejad est au coeur des préoccupations. Deux commissions parlementaires ont été créées, il y a quelques semaines, afin d’évaluer la situation des détenus, ainsi que leurs conditions de détention. Lundi, le chef de la justice iranienne avait également donné l'ordre à ses services de statuer dans la semaine sur le sort des personnes arrêtées lors des manifestations de l'opposition.

Polémique ravivée par la mort de deux manifestants

Le débat sur le sort des détenus arrêtés pendant ces manifestations a surtout été ravivé ces derniers jours après la mort de deux manifestants en prison. Selon Fariba Adelkhah, directeur de recherche à Sciences-Po, «le régime est un peu mal à l’aise».

D’autant plus, rétorque Marie Ladier-Fouadi, que parmi ces deux morts se trouvait le fils d’une «personnalité importante de la faction fondamentaliste». Mohsen Ruholamini a été «pris d’un malaise» lors de son transfert à la prison d’Evine, puis admis à l’hôpital, où il est décédé d’une méningite a expliqué le chef des prisons de la province de Téhéran.

Le deuxième manifestant décédé, identifié comme Mohammad Kamrani, est «mort le lendemain de sa libération, également de méningite. Et les médecins l'ont certifié» a précisé le chef des prisons.

Rassemblement en hommage aux manifestants morts

Cette thèse avait été balayée dès lundi par le chef de l'opposition, Mir Hossein Moussavi, qui s'est demandé pourquoi Mohsen Ruholamini «avait les dents cassées, s'il était mort d'une méningite?». Moussavi – dont le beau-frère se trouve derrière les barreaux – a demandé l’autorisation d’organiser jeudi un rassemblement en hommage aux manifestants morts en juin dernier.

«Il n'y aura pas de discours, nous voulons simplement utiliser le Grand Mossala [lieu de prière]»a-t-il précisé. Ajoutant, à l’adresse des autorités: «Laissez-nous nous réunir et lire le Coran». Les autorités, qui depuis le début des troubles ont soumis tout rassemblement à autorisation, ont refusé d’autoriser cette cérémonie.
Elodie Lestrade
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