Avec cette décision, la Cour suprême avait donné gain de cause au parquet général, qui avait requis l'annulation du verdict de février, insistant sur la nécessité d'un complément d'information et invoquant des vices de procédure. Pour autant, cette décision n'a pas satisfait pas la famille de la journaliste. «Dans le nouveau procès, le verdict sera le même car les preuves seront les mêmes», avait déclaré son avocate, qui réclame une nouvelle enquête. Le premier procès avait également suscité de vives critiques de la part des proches de la journaliste, qui estimaient que l'enquête avait été bâclée et devait être rouverte.
Le Conseil de l'Europe avait pour sa part dénoncé un «échec patent» et l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) s'était élevée contre «l'impunité» des meurtriers de journalistes qui en Russie «écrivent sur la corruption et les violations des droits de l'homme». Anna Politkovskaïa était l'une des rares à avoir continué de couvrir la guerre en Tchétchénie et les violations des droits de l'homme sous la présidence de Vladimir Poutine.
Le style Medvedev
Rompant avec le style musclé de son prédécesseur, le président actuel Dmitri Medvedev a amorcé ces derniers mois un rapprochement avec les représentants de la société civile et les défenseurs des droits de l'homme. Il a notamment rendu un hommage appuyé le 16 juillet dernier à une militante des droits de l'homme russe assassinée la veille, Natalia Estemirova.
Quatre reporters de Novaïa Gazeta ont été tués depuis 2000. Le dernier meurtre remonte à janvier 2009 et sa victime était une jeune journaliste de 25 ans, Anastassia Babourova.