REPORTAGE – L'eurodéputé est allé rendre visite aux producteurs qui manifestent à deux pas du Parlement européen... De notre envoyée spéciale à Strasbourg
«Salut José!» Les producteurs de lait sont contents de voir arriver leur ancien camarade. Mais aujourd’hui, c’est en tant que député européen que José Bové est venu soutenir les centaines de producteurs qui manifestent à deux pas du Parlement à Strasbourg, à l’occasion de
la session inaugurale. Ces derniers protestent toujours contre
le prix trop bas du lait. «C’est important qu’il vienne nous voir. Ça montre qu’on peut compter sur lui, même s’il n’est plus syndicaliste mais politique», confie Frédérique, productrice dans la Manche. Derrière elle, les copains font griller des saucisses sur un barbecue, pendant que d'autres goûtent à la charcuterie de leurs confrères.
«Vous devez écouter nos problèmes»
Dans l’assistance, des agriculteurs français, allemands mais aussi italiens, espagnols, belges ou encore suisses. «Vous devez écouter ce que nous avons à vous dire», lance un producteur belge aux eurodéputés qui papotent. «Vous n’êtes pas venus pour faire bien. Vous devez écouter nos problèmes», ajoute-il perché sur un tracteur, la main accrochée au micro. «Les producteurs vont entamer une grève du lait si le prix du litre n’est pas revu à la hausse et si nos demandes ne sont pas entendues», conclut-il.
José Bové monte sur le tracteur à son tour. «Merci à vous d’être là, commence le moustachu, pipe à la main. C’est grâce à des mobilisations comme celle-ci que nous pourrons faire bouger les choses», souligne-il. «Pour soutenir votre mouvement de la grève du lait, je m’engage personnellement à entamer une grève de la faim en signe de soutien», lance-il à la foule, avant d’inviter une délégation à le suivre jusqu’au Parlement.
Deux vaches devant le Parlement
José Bové, Sandrine Bélier et Yannick Jadot (Europe écologie) en tête, le cortège se met en route, direction l’immense bâtiment gris du Parlement. La ceinture de CRS ne laissera pas passer les agriculteurs. Devant les barrières, les eurodéputés discutent. Deux vaches sont autorisées à passer. Mais elles n’iront pas plus loin. José Bové et ses camarades, eux, entrent dans le Parlement.
C’est dans l’hémicycle que le combat se joue désormais même si, comme l’a rappelé le député écologiste, «j’ai trente ans de syndicalisme derrière moi, je ne peux pas me couper en deux et être soit député, soi syndicaliste. Mon combat continue mais autrement». José Bové continue donc à encourager les mobilisations. Il a donné rendez à ses camarades producteurs de lait à Bruxelles lundi prochain. Une commission se réunit sur le sujet. Les agriculteurs ont promis d’être là.
Maud Descamps, envoyée spéciale à Strasbourg