Le G8 s'est ouvert mercredi à L'Aquila, ville du centre de l'Italie dévastée par un séisme en avril. L'Iran a occupé une bonne partie des débats.
«Profonde préoccupation» face aux violences, mais la porte ouverte aux négociations
La déclaration commune, adoptée après un dîner de travail consacré notamment à l'Iran, ne dit mot du résultat contesté des élections présidentielles et de sanctions éventuelles, un moment évoquées par certains pays dont les Etats-Unis. Téhéran a finalement échappé à une condamnation, malgré la répression qui a suivi la réélection contestée du président ultraconservateur Mahmoud Ahmadinejad, la Russie s'opposant à toute ingérence dans les affaires intérieures de Téhéran.
Le G8 a cependant dit sa «profonde préoccupation» face aux violences, mais affirmé vouloir privilégier le dialogue et la diplomatie pour régler le problème du nucléaire. Le sommet du G8 a condamné «sans la moindre ambiguïté» les déclarations «inacceptables» de Mahmoud Ahmadinejad sur la négation de l'Holocauste, a pour sa part affirmé le président français. Nicolas Sarkozy qui a réclamé que Clotilde Reiss, la Française détenue en Iran, soit libérée «sur le champ».
Un accord sur le climat, mais la Russie joue les trouble-fête
Le G8 s'est en montré plus ambitieux sur la question du réchauffement climatique en décidant de diviser par deux les émissions mondiales de gaz à effet de serre d'ici à 2050 par rapport à 1990 –et de «80% ou plus» celles des pays industrialisés, afin de limiter le réchauffement global à 2°C, selon le texte de leur déclaration, ce dont s'est félicitée la chancelière allemande Angela Merkel.
Le principal conseiller économique du président russe Dmitri Medvedev a toutefois jeté un froid sur cet engagement du G8 en affirmant que l'objectif de 80% de réduction des émissions était «inacceptable» après que son pays eut pourtant souscrit à la déclaration commune.
La balle est désormais dans le camp de ces pays émergents, qui doivent retrouver ceux du G8 jeudi à L'Aquila. Mais le départ précipité mardi du président chinois Hu Jintao en raison des émeutes dans la région du Xinjiang laisse peu de place à de nouvelles ambitions. La Chine est passée en 2008 au premier rang des pollueurs.
Sur le front économique, le G8 a pris acte du léger mieux de la conjoncture tout en restant très prudent sur les chances d'une reprise durable. «La situation reste incertaine et des risques importants continuent de peser sur la stabilité économique et financière», considère le G8 dans son diagnostic sur la crise. «Les effets de la crise économique sur les marchés du travail peuvent remettre en cause la stabilité sociale», avertit en outre le G8.