Il y a eu un cafouillage de la France sur les boîtes noires. On pensait avoir détecté un signal, qui s'est révélé être sans rapport avec l'accident de l'A310. Que s'est-il passé?
C'est technique: le lieutenant du BEA m'a dit «on a enregistré des émissions des boîtes noires». Puis on s'est rendu compte que les fréquences interceptées ne pouvaient pas être celles des boîtes noires.
Cela n'a-t-il pas donné un faux espoir aux familles des victimes?
Non, je ne pense pas. L'information a été rectifiée très vite. Ce n'est pas ce que l'on retiendra de cette histoire. Evidemment, les gens veulent des explications, mais là, on est encore sous le choc.
Le vice-président comorien des Transports accuse la France de ne pas avoir informé son pays que certains avions de Yemenia n'avaient plus le droit de voler dans l'Union européenne. Que répondez-vous ?
La France n'a aucune responsabilité dans cet accident. Yemenia est une compagnie étrangère, qui décide que ses passagers doivent changer d'avion aux escales.
Il accuse à mots voilés la France de racisme...
Ces propos sont infondés. D'abord, parce que Nicolas Sarkozy m'a demandé de partir immédiatement après la catastrophe. Ensuite, parce la France a mis à disposition des Comores des moyens aériens, maritimes et humains, et ce aussi rapidement que pour le crash du vol Rio-Paris.
Comment expliquez-vous cette réaction?
Les autorités comoriennes, depuis plusieurs mois, sont un peu sensibles, compte tenu des relations compliquées entre la France et les Comores, notamment depuis la consultation effectuée à Mayotte. Mais toute chamaillerie entre les autorités françaises et comoriennes serait un manque de respect pour les victimes.
Aux Comores, on a noté un manque notable de coordination dans les recherches…
Oui, mais ça ne faisait que 24h que l'accident avait eu lieu. Le président comorien était encore en déplacement officiel à l'étranger.
Que faire pour éviter qu'un tel drame se reproduise à nouveau avec Yemenia ?
On ne sait pas encore si l'état de l'avion est en cause. Il ne faut pas mélanger deux dossiers: d'une part l'accident, d'autre part le fait que certains avions de Yemenia ne pouvaient plus survoler le territoire français. Faire le lien est imprudent à l'heure actuelle. Si on trouve les boîtes noires, on verra.