Persepolis, la suite? Deux jeunes d’origine iranienne ont détourné la célèbre BD de Marjane Satrapi pour raconter ce qu’il se passe actuellement en Iran. L’idée vient de Payman, né en Iran, et de Sina, d’origine iranienne mais ayant grandi aux Etats-Unis. Les deux jeunes hommes vivent en Asie. Ils suivent l’actualité depuis là-bas, leurs lieux d’exil.
>> Retrouvez notre dossier sur la crise en IranCette fois, constatant le soulèvement populaire contestant la réélection de Mahmoud Ahmadinejad, ils ont voulu s’impliquer, malgré le peu de temps dont ils disposent. Contactés par 20minutes.fr, ils racontent: «Nous avons pensé à Persepolis, qui nous a beaucoup marqué, et nous nous sommes dit que c’était là un nouveau chapitre de l’histoire... Nous avons vraiment été touchés par la bande dessinée de Marjane Satrapi et par le film qui a suivi. En effet, ils ont permis à bon nombre d’Iraniens de mettre des images sur leurs joies et leurs souffrances passées. En outre, ils ont permis de transmettre à nos amis non Iraniens l’histoire complexe de notre si beau pays...»
«L'histoire ne doit pas se répéter»
Payman et Sina ont récupéré des images de la BD, remplaçant les textes d’origine par des textes d’actualité. Les images, qui illustrent pourtant une situation d’il y a 30 ans, s’y prêtent parfaitement. En trois pages, ils synthétisent le déroulé des évènements récents. «Le message que nous voulons faire passer est simple: les images ont beau être les mêmes, l’histoire, elle, ne doit pas se répéter! Nous espérons sensibiliser un maximum de gens à travers le monde, pour influencer le reste du monde, puis la région, et de ce fait, l’Iran et son peuple.»
De son côté, l’Association, la maison d’édition de Marjane Satrapi, explique que la dessinatrice a approuvé la démarche, sans hésiter. «Cela avait un but pédagogique, la volonté d’éclairer ce qu’il se passe en Iran. Marjane Satrapi a donc donné son accord».
Depuis une dizaine de jours, les deux jeunes gens travaillent jusqu’à 3 heures du matin sur le projet. Ravis, ils constatent que leur site Internet est visité depuis 145 pays. Ils recensent près de 35.000 visites et espèrent que leur projet sensibilisera le public...