L'Irak, deuxième réserve de pétrole au monde, s'ouvre aux compagnies étrangères après trente-sept ans de production nationale. Le gouvernement, qui a lancé un appel d'offres en 2008 pour exploiter huit gisements d'hydrocarbures - six de pétrole et deux de gaz -, doit dévoiler à partir d'aujourd'hui le nom des gagnantes parmi les trente-cinq entreprises préqualifiées. Objectif : reconstruire le pays, ruiné par des années de dictature, de guerres et d'embargo, grâce à la manne financière dégagée par l'augmentation de la production - au moins 1 700 milliards de dollars sur les vingt prochaines années.
Les compagnies, elles, se frottent les mains : les six champs pétrolifères, répartis dans le sud et le nord de l'Irak, ont des réserves estimées à 43 milliards de barils. Certes, seulement 30 milliards de dollars leur reviendront et le pays restera maître de ses réserves, selon le ministre du Pétrole, Hussein Chahristani. Mais pour elles, c'est le moyen de reprendre pied dans un pays regorgeant d'or noir et qui doit encore octroyer des licences d'exploitation pour seize autres champs début 2010. Et l'amélioration de la sécurité tombe à pic, limitant les risques de sabotages qui s'étaient multipliés au plus fort de la guerre.
Cette ouverture a suscité de nombreuses critiques côté irakien. « C'est un pays très nationaliste. Certains estiment que les types de contrats ne sont pas assez favorables aux Irakiens », explique Francis Perrin, directeur de la revue Pétrole et gaz arabes. Le ministre, de plus en plus contesté, notamment par les responsables des sociétés locales, devra prouver le contraire. W
F. V.