Des militaires ont arrêté à l'aube, puis conduit au Costa Rica, le président du Honduras, selon l'AFP. Manuel Zelaya, était sur le point d'organiser hier une consultation populaire jugée illégale par la Cour suprême de ce petit pays d'Amérique centrale. Le chef de l'Etat a déclaré à la chaîne latino-américaine Telesur avoir été victime d'un « enlèvement » et d'un « coup d'Etat », à son arrivée au Costa Rica, où il a dit avoir été conduit de force par des militaires honduriens.
L'Union européenne a condamné son arrestation, tandis que deux alliés de gauche du président hondurien, le Vénézuélien Hugo Chavez et le Bolivien Evo Morales, ont dénoncé un « coup d'Etat ». Chavez a même menacé hier d'« agir, y compris militairement », si son ambassadeur ou son ambassade au Honduras étaient attaqués, dans une déclaration à la chaîne de télévision publique VTV. Barack Obama, lui, s'est dit « profondément préoccupé » par la situation. L'Organisation des Etats américains (OEA), dont le secrétaire général a condamné le « coup d'Etat » commis par « un groupe militaire » au Honduras, a convoqué une réunion extraordinaire hier. La France, de son côté, a réclamé le retour à la démocratie.
Selon un voisin interrogé par la télé locale Radiocadena Voces, quatre commandos d'environ deux cents soldats se sont rendus au domicile du Président aux alentours de 6 h du matin. Les retransmissions de trois chaînes progouvernementales, Maya, 36 et 8, ont été interrompues. Juste avant, le présentateur du canal 8 avait eu le temps de déclarer : « Il semble que les militaires se dirigent vers ici », puis d'appeler la population à se rassembler sur la place de la Liberté. Cette arrestation est survenue quelques heures avant une consultation populaire organisée par le chef de l'Etat, malgré l'opposition de l'armée, du Parlement et de la Cour suprême. Zelaya, élu en 2006 pour un mandat de quatre ans non renouvelable, avait convoqué les électeurs pour ouvrir la voie à une révision de la Constitution qui lui aurait permis de briguer un deuxième mandat, le 29 novembre. Son projet était dénoncé par l'opposition mais aussi par des dirigeants du Parti libéral, la propre formation de Zelaya.
Un climat de crise politique régnait dans le pays depuis le milieu de semaine. Le Président avait limogé le chef d'état-major, le général Romeo Vasquez, devant le refus des militaires de distribuer le matériel de vote. Jeudi, des troupes avaient été déployées dans la capitale, faisant craindre un soulèvement militaire, même si l'armée avait ensuite assuré vouloir seulement garantir l'ordre public. W