La défense a aussitôt fait savoir qu'elle contesterait l'arrêt de la juridiction suprême devant la Cour européenne des droits de l'Homme à Strasbourg. «C'est une décision politique prise au plus haut niveau. Nous allons la contester, mais c'est presque inutile à l'intérieur du pays», a déclaré l'un des avocats de la défense, Mourad Moussaïev.
«Dans le nouveau procès le verdict sera le même»
Les enfants de la journaliste assassinée par balles le 7 octobre 2006 dans le hall de son immeuble à Moscou «étaient tout à fait d'accord avec le verdict d'acquittement», a rappelé leur avocate, Anna Stavitskaïa. «Avec les preuves qu'on leur avait présentées, les jurés ne pouvaient pas décider autrement», a-t-elle indiqué. «Dans le nouveau procès le verdict sera le même», a-t-elle ajouté, en demandant qu'une «nouvelle enquête soit faite». Les jurés avaient acquitté le 19 février les complices présumés du meurtre de la journaliste, après trois mois d'un procès qui n'avait pas permis de faire la lumière sur les motifs du crime ni sur l'identité du commanditaire.
L'organisation Reporters sans frontières a souligné jeudi que la décision de la Cour suprême ne faisait «pas encore justice». «Il s'agit de l'identité du commanditaire et de l'exécutant de ce crime. L'affaire Politkovskaïa ne pourra être considérée comme élucidée que lorsque ceux-ci auront été identifiés, appréhendés et jugés», poursuit le RSF dans un communiqué.
Un «échec patent» du procès
Le Conseil de l'Europe avait dénoncé un «échec patent» du procès et l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) s'était élevée contre «l'impunité» des tueurs de journalistes qui en Russie «écrivent sur la corruption et les violations des droits de l'Homme», une réaction qualifiée de «provocation» par Moscou.
De leur côté, les Etats-Unis avaient appelé la Russie à rechercher les responsables «le plus rapidement possible» et la France avait jugé «essentiel» que les auteurs de l'assassinat «répondent de ce crime odieux».