Bis repetita. Mardi, les manifestations ont encore été interdites, l'Occident a –un peu– durci le ton et le pouvoir iranien a exclu l'annulation de la présidentielle contestée du 12 juin, tandis que l'opposant Moussavi publiait un rapport dénonçant «la fraude».
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Téhéran a annoncé l'investiture le mois prochain du président réélu Mahmoud Ahmadinejad,qui doit prêter serment devant les députés entre le 26 juillet et le 19 août, selon le bureau du Parlement. En effet, «lors de la récente élection présidentielle, nous n'avons constaté aucune fraude ou infraction majeure. Par conséquent, il n'y pas de possibilité d'une annulation» du scrutin, a déclaré le porte-parole du Conseil des Gardiens de la constitution, chargé de superviser les élections en Iran, Abbas Ali Kadkhodaie.
Dans la soirée, le guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei, a cependant accepté la requête du Conseil pour un délai supplémentaire de cinq jours afin de poursuivre l'examen des plaintes des candidats battus. L'instance avait initialement jusqu'à mercredi pour statuer.
Le conservateur Mohsen Rezaï, l'un des trois candidats dénonçant (assez mollement pour ce dernier) les résultats, a, lui fait savoir qu'il retirait sa plainte.
Les fraudes et irrégularités supposées ont été dénoncées mardi dans un rapport du bureau de campagne de l'opposant Moussavi qui réclame la création d'une «commission vérité» pour réexaminer le processus électoral.
En trois pages, publiées sur le site internet du candidat, le rapport fustige notamment les moyens gouvernementaux mis à la disposition d'Ahmadinejad ou l'impossibilité pour les représentants des autres candidats de surveiller le processus électoral et d'alerter leur camp de fraudes éventuelles.
Le rapport émet aussi des «doutes sérieux» sur le fait que les urnes aient bien été vides avant d'être envoyées dans les bureaux de vote.
Barack Obama, à qui certain reprochent d'être trop mesuré, a lui durci le ton contre le régime de Téhéran, condamnant la répression des manifestations post-électorales et appelant l'Iran à gouverner «par le consensus et non par la force», tout en rejetant les accusations d'ingérence portées par l'Iran. Des accusations également faites contre le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon.
Depuis le début des troubles, Téhéran accuse l'Occident, en premier lieu la Grande-Bretagne, d'être derrière le mouvement de contestation. Le Premier ministre britannique Gordon Brown a annoncé l'expulsion de deux diplomates iraniens, en réponse à une décision similaire de Téhéran. La diplomatie iranienne s'est refusée mardi à commenter cette annonce. Des drapeaux britanniques ont été brûlés devant l'ambassade à Téhéran.
Plusieurs pays de l'Union européenne, dont la France, ont par ailleurs convoqué les ambassadeurs iraniens pour transmettre leurs inquiétudes face à la situation. La secrétaire d'Etat américaine a discuté au téléphone de la situation en Iran avec ses homologues français, britannique et allemand,
Tribunaux spéciaux
Alors que les autorités imposent d'importantes restrictions à la presse étrangère pour la couverture des troubles, l'agence Fars a annoncé l'arrestation d'un journaliste grec travaillant pour le quotidien américain Washington Times, Iason Athanasiadis-Fowden.
Depuis dix jours, au moins 17 personnes sont mortes et plusieurs centaines ont été arrêtées lors des manifestations quasi quotidiennes des partisans de Moussavi pour exiger l'annulation du scrutin. Téhéran a annoncé mardi la mise en place de tribunaux spéciaux pour juger les manifestants emprisonnés.
Par ailleurs, 4 des 6 joueurs de football de l'équipe nationale qui avaient porté un brassard vert, en soutien aux manifestants, ont été bannis à vie de la sélection.