IRAN - Si Internet a permis aux manifestants de communiquer, ses effets pervers n'ont pas tardé à pointer le bout de leur nez...
Parmi les manifestants anti-Ahmadinejad, on essaie d’identifier les Bassiji, ces miliciens proches du pouvoir iranien et notamment celui qui aurait tué
Neda, jeune étudiante devenue symbole des victimes de la répression.
Sur Twitter, des
photographies circulent, avec noms et adresses ou
demandes de renseignements. Les commentaires sont violents, certains affirmant vouloir tuer les Bassiji. D’autres voient dans ces tentatives d’identification des miliciens le moyen de faire appel à la justice, en mettant en route, plus tard, des procédures de crime contre l’humanité, par exemple.
La délation a lieu dans les deux camps
La police iranienne, de son côté, a lancé des appels à la délation, repris par au moins une agence de presse, pour identifier les «émeutiers» qui ont participé aux manifestations contre la réélection de Mahmoud Ahmadinejad. L’appel fournit le numéro de téléphone des urgences de la police, ainsi que trois numéros spéciaux et une adresse e-mail, afin de dénoncer ses connaissances ou amis reconnus sur des photographies.
Si Internet a dans un premier temps été perçu comme
une arme de cyber-résistance, il peut aussi devenir un outil de délation.
O.R.