Neda, 27 ans, martyre iranienne

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Publié le 22 juin 2009.

IRAN - Le visage de cette jeune femme, tuée samedi à Téhéran, est devenu le symbole de la contestation...

Samedi, à Téhéran, une jeune manifestante, Neda, est touchée par un tir alors qu'elle défile en compagnie de son père, pour protester contre la réélection du président Ahmadinejad. La mort de la jeune femme, filmée par un manifestant, a depuis fait le tour du monde, via Internet. La vidéo (attention, les images sont choquantes) a été relayée via Twitter et différents blogs et consultée par plusieurs centaines de milliers de personnes.

«Ma Neda, n'aie pas peur»

«Ma Neda, n'aie pas peur, s'il te plait, ne t'en va pas, s'il te plait, ne t'en va pas, reste, s'il te plait...», crie le père de Neda, sur la vidéo. Un témoin de la scène raconte. «Le membre du Basiji (milice paramilitaire proche du pouvoir) a clairement tiré sur la jeune fille et ne pouvait pas la louper. De plus, il a touché directement son coeur. Je suis docteur, donc j'ai couru pour tenter de la sauver. Mais l'impact du tir était tellement violent que la balle a explosé dans la poitrine de la victime. Elle est morte en moins de deux minutes.» Une vidéo amateur, diffusée sur CNN montre Neda et son père juste avant la mort de la jeune fille, dans la manifestation.

>> Retrouvez notre dossier sur la crise iranienne

Une photographie, censée représenter Neda circule sur Internet depuis ce week-end. Pourtant, selon le blog Mémoire Vive.tv, qui suit le conflit sur Internet, il ne s'agirait pas de la photographie de Neda, mais d'une de ses homonymes. «
Je constate que le portrait d’une femme bien vivante est utilisé dans le monde entier, j’espère que cette erreur sera vite corrigée», peut-on lire sur le blog, qui a contacté la jeune femme en photo. Une autre image circule sur Internet, diffusée par un blogueur iranien.

Un symbole des victimes de la répression

Depuis ce week-end, Neda, doctorante en philosophie, est devenue un symbole. Son portrait a été brandi lors de différentes manifestations, dimanche, à Istanbul ou à Los Angeles. Sur l'image de son visage couvert de sang, on pouvait lire «This is islamic democracy» (Ceci est la démocratie islamique).

Sur Facebook, plus d'une dizaine de groupes ont été créés pour lui rendre hommage, rejoints par plusieurs milliers de membres du réseau social.

Certains internautes ont refusé de publier la vidéo pour ne pas reproduire le «sensationnalisme» et le «voyeurisme» des «médias traditionnels» qu'ils rejettent, tandis que d'autres la mettent en avant comme témoignage de la répression en Iran.
Oriane Raffin (avec agence)
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