IRAN - Le Conseil des gardiens de la Constitution doit statuer dimanche sur un recomptage des voix...
Elle monte au créneau. La lauréate iranienne du prix Nobel de la Paix Shirin Ebadi appelle à l'annulation de la présidentielle iranienne et à l'organisation de nouvelles élections, dans une tribune publiée jeudi par le journal en ligne américain Huffington Post. L'avocate et militante des droits de l'homme souligne que cette élection a été entachée d'irrégularités et appelle «à la libération inconditionnelle de toutes les personnes arrêtées et emprisonnées pour s'être opposées au résultat de l'élection». Enfin, selon elle, une nouvelle élection ne peut avoir lieu que «sous les auspices des organisations internationales».
Poursuite des manifestations malgré les répresssions
Ils étaient vêtus de noir, une fleur blanche à la main. Les manifestants ont défilé en silence ce jeudi, dans les rues de la capitale iranienne. Un défilé endeuillé après que sept d'entre eux ont été tués lundi lors d'incidents avec les bassidjis, des miliciens islamistes.
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Moussavi aux côtés des manifestants
Malgré la violence de la répression, les rangs de l'opposition ne faiblissent pas et continuent à réclamer l'organisation d'un nouveau scrutin. Ils étaient des dizaines de milliers à s'être rassemblés à Téhéran pour protester. A leurs côtés, le principal opposant et candidat malheureux Mir Hossein Moussavi, ainsi que son épouse Zahra Rahnavard. «Nous n'avons pas donné des morts pour accepter des urnes traficotées», pouvait-on lire sur les pancartes, selon des témoins sur place.
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Depuis mardi, la couverture par les médias étrangers des manifestations «illégales» ou de tout événement ne figurant pas «au programme» du ministère de la Culture est interdite, le ministère des Affaires étrangères accusant des médias occidentaux non identifiés d'être les «porte-parole» des «émeutiers».
Des retards de livraisons de bulletins de vote
Le Conseil des gardiens de la Constitution, qui examine les contestations des trois candidats, a indiqué, ce jeudi, que les plaintes concernaient au total 646 irrégularités. Selon le porte-parole du Conseil, Abbas Ali Kadkhodaï, les irrégularités portent entre autres sur des «manques et retards de livraisons de bulletins de vote», des «encouragements à voter pour un seul candidat», et des «déviations de l'itinéraire prévu pour les urnes mobiles». L'institution a fait savoir qu'elle entendrait les trois protestataires samedi. Elle doit rendre au plus tard dimanche un avis sur un nouveau comptage.
Face au défi que représente le mouvement, l'unité de façade du régime a commencé à se lézarder. La presse a rapporté des «querelles verbales et des attaques physiques» entre députés conservateurs mercredi pendant une session à huis clos.
De nouveaux opposants ont en outre été arrêtés et deux enfants d'Akbar Hachémi Rafsandjani, qui dirige l'Assemblée des experts, son fils Mehdi et sa fille Faezeh, ont été interdits de quitter le pays à cause de leur rôle présumé dans les manifestations, selon l'agence Fars. Mercredi, la télévision d'Etat avait montré Faezeh Hachémi (46 ans), en tchador, au milieu des manifestants.
MD (Avec agence)