Barroso tente le tout pour le tout face AUX 27

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Publié le 18 juin 2009.

Les dirigeants des 27 pays membres de l'Union européenne (UE), réunis aujourd'hui et demain à Bruxelles, auront fort à faire pendant le Conseil européen de juin. Au programme officiel : préparation du sommet de Copenhague de décembre sur le changement climatique et déclarations sur l'Afghanistan et le Pakistan. Mais les débats devraient surtout se concentrer autour de la reconduction ou non du président de la Commission et l'économie de l'UE.

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Un nouveau mandat pour Barroso ? Le président de la Commission, José Manuel Barroso, devrait présenter ce soir les grandes lignes de son programme. La France et l'Allemagne le lui avaient demandé avant d'avaliser formellement sa candidature afin de mettre un peu de pression sur un président qu'ils jugent trop passif face à la crise économique. A l'issue du Conseil, il devrait au moins obtenir un soutien de principe. Il s'agit d'une course contre la montre pour Barroso : sous le traité de Nice, actuellement en vigueur, il lui suffirait d'une majorité simple au Parlement pour être élu, mais si le traité de Lisbonne était ratifié (après un nouveau vote de l'Irlande sur la question), il lui faudrait alors obtenir une majorité absolue. Or le parti conservateur, le PPE, ne compte que 263 sièges sur 736 au Parlement.

Et plus le temps passe, plus les eurodéputés « anti-Barroso » pourront s'organiser. A l'image du leader des Verts européens, Daniel Cohn-Bendit, qui a appelé mardi à retarder la désignation pour permettre « l'émergence d'autres personnalités ».

Mais même s'il ne peut pas empêcher la réélection de Barroso, « ce qui compte c'est que le Parlement puisse montrer qu'il pèse sur la Commission et sur le contenu du programme », explique Jean-Luc Sauron, auteur du Parlement européen (Ed. Gualino).

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Les suites de la crise économique Les Vingt-Sept devront également se pencher sur le rapport Larosière, qui préconise des mesures destinées à renforcer la réglementation et la surveillance du secteur financier. Mais, « ce rapport est aujourd'hui critiqué par les Britanniques qui craignent pour l'indépendance de la City », explique Jean-Dominique Giuliani, président de la Fondation Schuman. Le texte prévoit en effet la création en 2010 de nouveaux organismes de supervision européens qui auraient un pouvoir au niveau national.

Il sera aussi question des 19 milliards d'euros issus du Fonds social européen pour venir en aide aux victimes de la crise. Les Vingt-Sept n'ont pas été touchés de la même manière, et « la question est de savoir si l'Europe va se déclarer solidaire avec les pays de l'Europe de l'Est », affirme Jean-Dominique Giuliani. La Hongrie, la Roumanie et la Lettonie - qui a décidé au début du mois de couper de 20 % les salaires dans le secteur public pour éviter la faillite de l'Etat - ont été contraintes de demander un prêt au Fonds monétaire international pour faire face à la crise. « Il s'agit du plus grand défi auquel est confrontée l'Europe depuis vingt ans » et la chute du rideau de fer, selon le premier ministre hongrois. W

Sophie Cois
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