JUSTICE - Le verdict vient d'être annoncé par la cour d'assises de Genève...
Les jurés de la Cour d'assises de Genève ont condamné, ce mercredi, pour «homicide» Cécile Brossard, accusée du meurtre de son amant, le banquier Edouard Stern, le 28 février 2005. Un verdict passible de vingt ans de prison.
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Après
six jours de débats et une journée de délibérations, les jurés ont admis que
Cécile Brossard était dans un «désarroi profond» et en proie à une émotion violente quand elle a tué son amant de quatre balles à bout portant. Mais elle n'est pas «excusable», car elle est «au moins partiellement responsable de l'émotion qui l'a envahie» ainsi que de la situation dans laquelle elle se trouvait, ont estimé les jurés dans leur verdict.
Ils ont donc retenu la qualification de meurtre et non de crime passionnel, plaidée par la défense et
passible de un à dix ans de prison. Les parties plaideront ensuite à nouveau devant le jury, qui décidera, sans doute jeudi soir, de la durée de la peine d'emprisonnement qui doit être infligée à l'accusée, qui a déjà passé plus de quatre ans en détention.
Un million de dollars placés sous séquestre
Cécile Brossard avait demandé pardon ce mercredi à la famille du banquier «de tout (son) coeur», avant que le jury ne se retire pour délibérer au sixième jour du procès. L'accusée a avoué avoir tué son amant de quatre balles à bout portant au cours d'ébats sado-masochistes.
«Si Edouard avait été aimé, il n'aurait pas gardé un trou dans son coeur aussi grand. Un trou que je voulais combler», a ajouté la Française, âgée de 40 ans, dans une allusion à l'indifférence glaciale du père d'Edouard Stern dont le banquier avait dit souffrir durant son enfance.
«Je ne suis pas une voleuse», a-t-elle poursuivi en soutenant le regard du procureur général Daniel Zappelli, pour qui elle a agi par cupidité parce que son richissime amant avait fait placer sous séquestre la somme d'un million de dollars qu'il lui avait auparavant versée.
«Je suis une femme éperdument amoureuse»
Se tournant vers le banc de la partie civile, Cécile Brossard a demandé que l'on dise aux trois enfants d'Edouard Stern qu'elle ne portera «jamais atteinte à la mémoire» de leur père. «Je suis une femme
éperdument amoureuse d'un homme et je le suis encore», a insisté Cécile Brossard.
Le Procureur Zappelli avait balayé cet argument mardi: «Ce n'est pas l'amour qui a tué, mais la haine et l'argent.» «Votre crime est nu: c'est le million, la haine, la vengeance, la domination», avait également jeté à l'accusée l'avocat de la famille Stern, Marc Bonnant.
Cécile Brossard présentée comme une victime par la défense
Contre la volonté de leur cliente, les deux avocats de Cécile Brossard n'avaient pas hésité à répliquer en décrivant Edouard Stern en «pervers narcissique» pour qui la jeune femme était «un gibier de choix», qu'il a pris plaisir à faire souffrir durant quatre ans.
Pour Pascal Maurer et Alec Reymond, Cécile Brossard a été «poussée à bout» et devait bénéficier de l'article 113 du Code pénal de Genève qui prévoit une peine de un à dix ans de prison pour crime passionnel, contre cinq à vingt ans pour meurtre.
Alec Reymond, dans une plaidoirie brillante qui a tenu en haleine le jury, épuisé par une longue journée d'audience, a retracé les manipulations du banquier qui a «asservi» et joué sans pitié avec «la proie facile que le destin lui avait forgé», promettant mariage et indépendance financière sans avoir jamais eu l'intention de tenir ses engagements. Martelant la phrase fatidique - «un million, c'est cher payé pour une pute» - qu'aurait prononcé le banquier et qui aurait provoqué le geste meurtrier, Me Reymond a laissé sa cliente effondrée et le jury pantelant. En vain.
Avec agence