Iran: Les manifestations continuent… Le guide suprême favorable à un recomptage des voix

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Publié le 17 juin 2009.

TEHERAN - Les manifestations commencent à fissurer le pouvoir, faisant faire marche arrière à l'ayatollah Khamenei...

C'est une journée plus calme que la veille qui se termine pour les Iraniens. Les partisans du président Mahmoud Ahmadinejad et ceux de son principal rival vaincu ont organisé de nouvelles manifestations, ce mardi, à Téhéran, alors que le numéro un du régime iranien Ali Khamenei s'est dit favorable à un recomptage partiel des voix si nécessaire.

>> Retrouvez le déroulement de cette journée de mardi, heure par heure, ici

Alors que l'Iran traverse sa pire crise depuis les premières années de la révolution islamique en 1979, les autorités ont interdit toute couverture par la presse étrangère des événements en cours dans le pays après des émeutes et manifestations contre la réélection vendredi de Mahmoud Ahmadinejad. De nombreux journalistes, dans l'impossibilité de travailler, quittent le pays.

>> A lire également: «Le guide suprême qui se remet en question, c'est du jamais vu», ici

Un recomptage…partiel

Sur le terrain et à l'appel d'un organisme officiel, plusieurs milliers de personnes ont manifesté dans le centre de Téhéran, selon des images de la télévision d'Etat. Le Conseil de coordination de la propagande islamique, dépendant de l'ayatollah Khamenei, avait demandé «à toutes les couches de la société de participer à cette manifestation» présentée comme «une marche d'unification».

A l'opposé, des partisans de Moussavi ont défilé dans le nord de Téhéran, selon le site Internet de la chaîne d'Etat PressTv, alors que le candidat les avait appelés à renoncer à la marche pour éviter de nouveaux heurts. Mais ses supporteurs, qui portaient «la couleur verte de la campagne de Hossein Moussavi ont manifesté dans le calme», et se sont dirigés en direction de la place Vanak, «où le défilé s'est transformé en grande manifestation», selon le site.

>> A lire également: Who's who en Iran?, c'est par ici.

Les autorités ont interdit à la presse étrangère de couvrir les manifestations «illégales» ainsi que tout événement ne se trouvant pas «au programme» du ministère de la Culture et de la guidance islamique. De même, le premier réseau iranien de téléphonie mobile, contrôlé par l'Etat, a été coupé de nouveau dans l'après-midi à Téhéran.

Le pouvoir affaiblit?

L'ampleur de la mobilisation et les violences commencent à fissurer l'unité du pouvoir. Le président du Parlement Ali Larijani, influent personnage conservateur, a tenu le ministre de l'Intérieur Sadegh Mahsouli responsable d'attaques contre des étudiants et des habitants à Téhéran, alors qu'une commission parlementaire a été créée pour enquêter sur l'attaque par des bassidjis d'un dortoir de l'Université de Téhéran.

En visite en Russie, Ahmadinejad n'a, quant à lui, pas soufflé mot sur la crise tandis que de nombreuses voix à l'étranger ont exprimé leur inquiétude. Mais le président américain Barack Obama, tout en disant avoir de «profondes inquiétudes», a estimé qu'il ne serait «pas productif» pour son pays de se mêler de politique intérieure iranienne. Il a par ailleurs estimé que la différence entre Ahmadinejad et Moussavi «n'est peut-être pas aussi grande qu'on l'a dit» et que dans tous les cas, il devrait traiter avec «avec un régime qui est hostile aux Etats-Unis»

En France, le Premier ministre fait part de son inquiétude et condamne les arrestations des opposants:


Maud Descamps (avec agence)
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