UNION EUROPEENNE – Les chefs d’Etat européens doivent se prononcer en fin de semaine sur la réélection du président de la Commission...
La course contre la montre continue. Fort de son succès aux élections européennes, Daniel Cohn-Bendit entend bien faire barrière à
la réélection du Portugais Jose Manuel Barroso à la tête de la Commission européenne. Les chefs d'Etat et de gouvernement européens doivent se réunir en Conseil ces jeudi et vendredi pour désigner le futur président de la Commission. Le leader des Verts européens a donc appelé, ce mardi, à retarder sa désignation pour permettre «l'émergence d'autres personnalités».
Seul petit souci, les Verts comme la gauche européenne
n'ont personne à proposer en face. Le problème n'est pas nouveau, avant même le scrutin du 7 juin, la question avait été soulevée. Le nom du Danois Rasmussen, président du Parti socialiste européen (PSE) circulait. Mais les Verts préfèrent jouer la carte du secret plutôt que d'avouer qu'ils n'ont pas encore trouvé de rival au Portugais. «Il y a des personnalités capables. Elles émergeront après avoir bloqué Barroso. Si on les déclare maintenant, elles seront brûlées», a affirmé Daniel Cohn-Bendit lors d'une conférence de presse au Parlement européen à Bruxelles.
Une question de respect
Les dirigeants européens doivent décider lors de leur sommet s'ils confirment José Manuel Barroso pour un second mandat et demandent au Parlement européen de se prononcer sur ce choix lors de sa session inaugurale en juillet, ou s'ils se contentent d'un «soutien politique» à sa reconduction et attendent les résultats du référendum en Irlande sur la ratification du traité de Lisbonne pour soumettre leur choix aux élus européens.
Daniel Cohn-Bendit prône la seconde voie et a appelé ses collègues à se prononcer dans le même sens pour faire respecter leur institution. «Si le Parlement européen ne se fait pas respecter tout de suite, alors il ne sera pas respecté pendant les cinq prochaines années», a-t-il affirmé. Il s'est dit convaincu qu'une majorité des élus européens refusera de nommer Barroso en juillet, sous les règles du traité de Nice, toujours en vigueur tant que le traité de Lisbonne n'aura pas été ratifié par tous les pays de l'UE. Le premier mandat de José Manuel Barroso expire en novembre. Le référendum en Irlande doit être organisé fin septembre ou début octobre.
MD (Avec agence)