Des combats de rue ont éclaté dans la capitale iranienne après l'annonce des résultats de l'élection présidentielle de vendredi. Mahmoud Ahmadinejad a été déclaré vainqueur dès le premier tour avec 62,63 %, contre 33,75 % pour Mir Hossein Moussavi, le candidat soutenu par les réformateurs. Ces heurts, les plus violents depuis 1999, ont opposé les policiers aux partisans de Moussavi, descendus dans les rues samedi aux cris de « Mort au dictateur ». Après une accalmie dans la nuit de samedi à dimanche, de nouveaux affrontements ont eu lieu hier.
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Moussavi avait clamé sa victoire dès la clôture des bureaux de vote. Après l'annonce des premiers résultats officiels, il a dénoncé « vigoureusement » des irrégularités « visibles et nombreuses » et a demandé l'annulation de cette élection auprès du Conseil des gardiens de la Constitution. Ahmadinejad a rétorqué que « les élections en Iran sont les plus propres » du monde...
Le vice-président américain, Joe Biden, a émis des « doutes » sur la victoire du président sortant. « Les résultats officiels sont assez surprenants », analyse Jean-Paul Burdy, maître de conférences à l'Institut d'Etudes Politiques de Grenoble. Selon ce spécialiste de l'Iran, les irrégularités sont « vraisemblables ». « Traditionnellement, les forts taux de participation sont favorables aux réformateurs : ils témoignent de la mobilisation de ceux qui veulent que ça change, les jeunes et les femmes en particulier. » La participation a été particulièrement forte avec un taux proche de 85 % (contre 62,66 % en 2005).
Jusque-là, la campagne électorale avait été relativement ouverte : des manifestations massives ont été organisées par les deux camps et plusieurs débats télévisés avaient captivé les Iraniens. « On a assisté à une reprise en main brutale du régime dans les heures qui ont suivi le scrutin », indique Jean-Paul Burdy. La police a annoncé avoir arrêté 170 personnes dont 70 « organisateurs ». Plusieurs hommes politiques soutenant Mir Hossein Moussavi ont été interpellés. Hier, tandis que des milliers de partisans d'Ahmadinejad étaient rassemblés pour écouter le discours de leur champion, Mir Hossein Moussavi appelait ses partisans à maintenir pacifiquement leur opposition. W