Emeutes à Téhéran après la réélection de Mahmoud Ahmadinejad

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Publié le 14 juin 2009.

IRAN - Des milliers de partisans de Moussavi, principal opposant, dénoncent des irrégularités dans le scrutin présidentiel...

«Dictature, dictature!» Des milliers de partisans en colère de Mir Hossein Moussavi, battu à la présidentielle, ont provoqué des émeutes ce samedi dans le centre de Téhéran, lançant des pierres contre des policiers qui répliquaient à coup de gaz lacrymogène.

La capitale n'avait pas connu de telles violences depuis les émeutes estudiantines de juillet 1999. «A bas le dictateur! Moussavi, récupère nos votes!», scandaient les partisans de l'ancien Premier ministre, qui n'a obtenu que 33,75% des voix au premier tour de l'élection vendredi, contre 62,63% des voix pour le président sortant, Mahmoud Ahmadinejad.

Lancers de pierres et coups de matraque

Les manifestants se sont rassemblés spontanément dans le centre de la capitale après les accusations d'«irrégularités» lancées par Hossein Moussavi. Ils ont incendié plusieurs motos de la police et allumé des feux sur la chaussée en arrachant des branches des arbres, alors que la police faisait largement usage de gaz lacrymogène. Les vitres de nombreuses voitures étaient brisées.

Place Vanak, une foule furieuse lançait des pierres sur les policiers, qui répliquaient à coups de matraque et de pierres. Au carrefour Jahan Koudak, d'autres manifestants lançaient des pierres sur la police et mettaient le feu à des poubelles. La police, qui avait ordre d'empêcher toute manifestation, a chargé plusieurs fois les manifestants à la matraque sans toutefois réussir à les disperser.

«Le temps des danses et des chants est terminé»

Des manifestants, parmi lesquels des femmes, ont également été frappés à coups de matraque rue Vali Asr tandis que des policiers à moto tentaient de disperser des protestataires réunis devant le quartier général de Hossein Moussavi. Un policier, frappé par les manifestants, le visage ensanglanté, a tenté de se réfugier dans une maison mais ses habitants l'ont repoussé au dehors. Des manifestants fuyant les gaz lacrymogènes et les charges des policiers ont en revanche pu trouver refuge chez des habitants. D'autres ont été rattrapés par les policiers et frappés.

Sur la grande artère, l'ambiance est tendue et la police a demandé aux gérants de magasins des environs de fermer boutique. «Le temps des danses et des chants est terminé, il vont vous casser les jambes si vous restez là», a dit aux manifestants un responsable de la police.

«Révolution de velours»

Les Gardiens de la révolution, l'armée idéologique du régime qui a apporté son soutien à l'ultraconservateur Ahmadinejad, ont averti qu'ils ne permettraient pas l'avènement d'une «révolution de velours», en allusion aux thèses de campagne de Hossein Moussavi, partisan d'une ouverture vers l'Occident.

Une fois la nuit tombée, les violences se poursuivaient et de nombreux curieux se joignaient de plus ou moins loin aux manifestants.
Avec AFP
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