C'est officiel. Mahmoud Ahmadinejad a remporté l'élection présidentielle au premier tour avec 62,63% des voix, a annoncé ce samedi le ministre de l'Intérieur Sadegh Mahsouli.
Son principal rival, le conservateur modéré Mir Hossein Moussavi, qui avait clamé sa victoire à la côture du scrutin, n'a obtenu que 33,75% des voix. Ses partisans ont dénoncé une manipulation du scrutin et des violations dans son déroulement, alors que la participation record constatée par les autorités était censée favoriser sa candidature.
Participation massive
Depuis l'annonce des premiers résultats partiels le ministère n'a fourni aucun chiffre sur le taux de participation. Kamran Daneshjoo a dit «penser que le niveau de participation ira jusqu'à plus de 36 millions de votes, soit un taux de 75% à 82%».
Plusieurs milliers de ses partisans se sont rassemblés samedi place Vanak, au centre de Téhéran, lançant des slogans hostiles au gouvernement, a constaté une journaliste de l'AFP. Un peu plus tôt, des affrontements ont eu lieu entre les jeunes partisans de Mir Hossein Moussavi, et la police dans divers endroits de Téhéran.
Hossein Moussavi ne «pliera pas»
Mir Hossein Moussavi a lancé une sorte d'appel au calme à ses partisans, en affirmant que «nous ne permettrons pas que nos actions prennent un aspect aveugle». Il a averti qu'il ne «pliera pas à cette mise en scène dangereuse créée» avec un scrutin entaché selon lui d'irrégularités, dans un communiqué publié ce samedi.
La veille, des supporteurs se sont rendus dans les rues de Téhéran au milieu de la nuit pour célébrer la victoire du président sortant. Mahmoud Ahmadinejad «est un génie», clamaient certains. «Je suis heureux de la victoire de mon candidat. Il aide les pauvres et attrape les voleurs», expliquait Kamra Mohammadi, 22 ans.
Les deux autres candidats, le réformateur Mehdi Karoubi et le conservateur Mohsen Rezaï, obtenaient moins de 2% chacun (respectivement 0,88% et 2,3%). Mehdi Karoubi a jugé ce samedi que les résultats annoncés par le ministère de l'Intérieur étaient «illégitimes» et «inacceptables».
Divisions profondes sur l'avenir de l'Iran
La campagne électorale s'est déroulée dans un climat acerbe entre candidats mais aussi dans une atmosphère festive, à un niveau jamais vu en 30 ans de République islamique. Elle a aussi reflété des divisions profondes sur l'avenir de l'Iran après quatre ans de mandat Ahmadinejad.
Les adversaires du président ont notamment critiqué sa rhétorique dure sur la crise du nucléaire et sur Israël, qui a contribué à l'isolement du pays.