JUSTICE - L'accusée s'est adressé aux enfants de la victime, qui ont témoigné en ce premier jour d'audience...
C'est dans les larmes que s'est ouvert le
procès Stern. Celles de l'accusée, Cécile Brossard, mais aussi de la famille de la victime, appelée à témoigner. Pour la première fois depuis cette nuit du 28 février 2005 où elle a avoué avoir abattu son amant au cours d'ébats sado-masochistes, la Française s'est adressée aux enfants du défunt.
«Je voudrais demander pardon, mais on ne peut pas demander pardon pour quelque chose d'aussi abominable», a lancé Cécile Brossard, en larmes, à Mathilde et Louis. Les deux jeunes gens, âgés de 24 et 22 ans, se sont adressés directement aux jurés tandis qu'un message écrit du plus jeune fils d'Edouard Stern, Henri, âgé de18 ans, a été lu devant la Cour d'assises de
Genève.
«Je ne veux pas que ce procès salisse sa mémoire»
«J'ai le coeur plein de douleur mais mes larmes ne pourront jamais atténuer les larmes des enfants», a poursuivi l'accusée, méconnaissable et amaigrie. Elle a tenu à défendre la mémoire de son amant, qu'elle a décrit comme «un homme intelligent, raffiné, extraordinaire à tous égards». «Je ne veux pas que ce procès salisse sa mémoire mais seulement dire comment j'en suis arrivée là», a-t-elle ajouté.
Cécile Brossard a décidé de plaider le crime passionnel, passible de 10 ans de prison, soit la moitié de la peine encourue pour meurtre. A la barre, se sont succédé l'ancienne femme d'Edouard Stern, dont elle avait divorcé en 1999, et Xavier Gillet, compagnon de l'accusée. La première a décrit son ex-mari comme un «homme extrêmement gentil» mais qui «pouvait être sec, colérique, soupe au lait» tandis que le second a assuré ne s'être jamais douté qu'Edouard Stern était l'amant de sa compagne dont il «était passionnément amoureux».
Secrétaire sexuelle
«Elle me disait qu'elle était sa secrétaire sexuelle», lui fournissant des jeunes femmes, a raconté Xavier Gillet. En larmes, il a dépeint un
Edouard Stern violent et sadique, qui l'insultait, les harcelait et les menaçait, lui et sa compagne. «J'ai fait tout ce que j'ai pu pour protéger Cécile de cet homme... je n'ai pas réussi», a-t-il conclu.
Appelés à témoigner, les enquêteurs de la brigade criminelle genevoise ont toutefois accablé l'accusée, qui aurait menti «à tout le monde» durant l'enquête. L'avocat de la famille Stern, Marc Bonnant a enfoncé le clou, décrivant une personne «lucide et de sang-froid», qui a organisé sa fuite en Australie après le meurtre, contactant même sa banque lors d'une escale pour réclamer
la somme bloquée par son amant sur son compte. A ce sujet, le procureur général Daniel Zapelli a eu cette phrase impitoyable: «Cécile Brossard pleure quand elle perd le million, elle ne pleure pas quand elle tue son amant!»
J.M. avec agence