Des adolescents palestiniens battus par les troupes israéliennes

Publié le 9 juin 2009.

PROCHE-ORIENT - Venue mettre un terme à des jets de pierres sur les voitures israéliennes, une opération militaire a tourné au passage à tabac le 26 mars...

«Ligotés, les yeux bandés, et battus par les troupes israéliennes.» Selon «The Independent», parmi les 150 Palestiniens à avoir connu ce sort lors d'une opération de l’armée israélienne dans le village Hares (Cisjordanie) le 26 mars dernier, certains n’avaient pas plus de 14 ans. Ces nouvelles exactions, révélées par le quotidien britannique ce mardi, ne sont pas pour améliorer l’image des militaires de Tsahal. Le mois dernier, le colonel Itai Virob justifiait la violence physique sur les détenus palestiniens «dans le cadre d’une mission».

Les témoignages des deux sergents de la Brigade Kfir, du régiment Harub, sur lesquelles «The Independent» s’appuie, décrivent les passages à tabacs infligés aux civils palestiniens, sans distinction d’âge. Sous le couvert de l’anonymat, l’un d’entre eux révèle que «les liens en plastique qui menottaient les mains des détenus étaient serrés au point qu’elles en devenaient bleues».

«C’est ennuyant, alors ils les battent»
«Il était clair que beaucoup d'interpellés n'avaient rien fait de mal, mais il s'agissait d’obtenir des renseignements», commente le quotidien. L’armée israélienne devait, d’après «The Independent», empêcher les jeunes du village de jeter des pierres sur les voitures des colons qui passaient dans les environs. Essentiellement composée de réservistes, l’opération aura duré douze heures durant lesquelles une centaine de civils ont été arrêtés, ligotés et conduits dans l’enceinte de l’école municipale d’Hares.

Les mauvais traitements n’ont pas eu lieu en plein jour, mais à l’abri des regards, dans les toilettes. «Les soldats qui accompagnaient les détenus aux commodités les tabassaient et les insultaient sans raison. Injurier, frapper, tirer les cheveux ou les oreilles, c’était la norme», précise l’officier israélien. Le sergent cite l'exemple d'un jeune, qu'«ils ont mis un à terre alors qu’il était déjà menotté et aveuglé. Il ne s’était pas montré insolent, il n’avait rien fait qui puisse les énerver... c’est uniquement parce qu’il était arabe. Il devait avoir 15 ans.» Ce comportement des troupes israéliennes s'expliquerait, selon lui, par l'ennui des hommes une fois sur le terrain, «parce que rester dix heures debout à rien faire c’est ennuyant, alors ils les battent».

Le second officier a eu l'impression qu'il régnait un «air de fanatisme» sur l'opération. «On rentrait dans les maisons, on les retournait totalement», se rappelle le sergent plus de deux mois après les faits. Mais l’armée israélienne n’a trouvé aucune arme, «ils ont confisqué des couteaux de cuisine».

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