Une guerre de symboles et de déclarations a commencé
entre la Corée du Nord et la Corée du Sud, qui a décidé hier de relever son niveau d'alerte face aux menaces de sa voisine. Depuis l'annonce, lundi de son deuxième essai nucléaire - après celui de 2006 -, Pyongyang a multiplié les provocations en tirant cinq missiles à courte portée et en relançant sa production de combustible nucléaire. Mais ce sont surtout les déclarations de la Corée du Nord qui inquiètent. Pyongyang considère comme « une déclaration de guerre » la décision de la Corée du Sud de se joindre à l'Initiative d'antiprolifération (PSI), et menace le Sud d'attaques militaires. Jusqu'à mardi, Séoul n'avait qu'un statut d'observateur de la PSI, mais la récente démonstration de force du Nord les a poussés à rejoindre cette initiative américaine de 2003. « Tout acte hostile [...] donnera lieu à une réponse militaire forte et immédiate », a prévenu Pyongyang.
Le régime estime également ne plus être lié par l'armistice de 1953 et a déclaré que « la péninsule coréenne va revenir à un état de guerre ». En réponse, les forces américano-sud-coréennes ont relevé au niveau 2 leur dispositif d'alerte. Elles avaient eu la même réaction après l'essai nucléaire de 2006.
Cependant, « il y a peu de chances de voir le Nord lancer des opérations contre le Sud », explique Valérie Niquet, directrice du centre Asie de l'Ifri. Selon elle, une attaque militaire représenterait trop de risque pour le régime car le Sud bénéficie de l'appui militaire des Etats-Unis. De plus, « la Corée du Nord a toujours fonctionné de cette manière, par provocation », affirme-t-elle. Le Conseil de sécurité de l'ONU, réuni en urgence depuis lundi, prépare une résolution à l'encontre de Pyongyang, mais la Russie a fait savoir qu'elle était contre le « langage des sanctions » et appelle à la « patience ». W