AFRIQUE - Le chef de l'Etat a dissous le Parlement après qu'une reforme de la Constitution lui permettant de rester au pouvoir a été refusée...
Le scénario n’est pas nouveau. Un chef d'Etat refuse de céder sa place et tente par tous les moyens de se maintenir au pouvoir. Cette fois,
c'est au Niger que l’histoire se déroule. Mamadou Tandja, 70 ans, a dissous ce mardi par décret le Parlement, au lendemain d'un avis défavorable de la Cour constitutionnelle sur l'organisation d'un référendum, a affirmé la radio nationale.
Le texte visait à lui permettre de se maintenir au pouvoir.
«Par un décret du président de la République, l'Assemblée nationale est dissoute ce matin (mardi)», a indiqué la radio nationale, en précisant attendre incessamment des précisions de la part du gouvernement. Lors de sa réélection en 2004, (il a été élu une première fois en 1999), Mamadou Tandja avait pourtant affirmé qu'il se retirerait le 22 décembre 2009 au terme de son deuxième mandat.
Des menaces de sanctions pèsent sur le Niger
Lundi, la Cour constitutionnelle, plus haute juridiction du pays, avait émis un avis défavorable à la tenue de ce référendum, estimant que l'article 49 de la Constitution, sur laquelle Mamadou Tandja veut s'appuyer, «ne (pouvait) servir de fondement à un changement de la Constitution». Cet article 49 autorise le président à convoquer un référendum sur plusieurs textes. «Le président de la République, ayant juré de respecter et de faire respecter la constitution, ne saurait engager ou poursuivre le changement de cette Constitution sans violer son serment», avait estimé la cour.
Faisant fi de cette promesse, le 8 mai dernier, le porte-parole du gouvernement Mohamed Ben Omar avait annoncé que le résident, ancien colonel de l'armée nigérienne, convoquerait un référendum en vue de remplacer l'actuelle Constitution. Pour plusieurs ONG, une prolongation serait une violation de son serment sur le Coran, passible de la Haute Cour nationale de justice. Le Conseil des sages de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (
Cédéao) avait pour sa part prévenu que le Niger encourait des sanctions allant de la suspension au blocus économique, s'il organisait ce référendum. Le conseil avait en particulier évoqué un engagement interdisant aux Etats membres de la Cédéao de modifier leur Constitution dans les six mois précédant une élection sans consensus des acteurs politiques du pays.
MD (Avec agence)