Fin de l'assignation à résidence, mais Aung San Suu Kyi reste en prison

BIRMANIE - L'opposante est libre, mais demeure en prison dans le cadre de son procès pour avoir hébergé un Américain chez elle…

(Avec agence)

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Le parti de l'opposante birmane Aung San Suu Kyi a estimé mardi qu'il était "totalement inacceptable" que la junte au pouvoir maintienne son référendum constitutionnel après le passage du cyclone Nargis qui a fait plus de 22.000 morts.

Le parti de l'opposante birmane Aung San Suu Kyi a estimé mardi qu'il était "totalement inacceptable" que la junte au pouvoir maintienne son référendum constitutionnel après le passage du cyclone Nargis qui a fait plus de 22.000 morts. — AFP AFP/Myanmar News Agency/Archives

C'est un combat sans fin que mène l'opposante. Le régime militaire birman a officiellement tiré un trait mardi sur son assignation à résidence qui se poursuivait depuis près de six ans. Mais Aung San Suu Kyi n'est pas libre pour autant. La «Dame» de Rangoun reste en prison, en liaison avec l'intrusion d'un Américain chez elle, a indiqué son parti.
 
Déjà treize ans de privation de liberté
 
Nyan Win, porte-parole de la Ligue nationale pour la démocratie (LND), a précisé qu'un haut responsable de la police avait remis dans la matinée une lettre à l'opposante lui notifiant la levée des restrictions liées à son assignation à résidence depuis 2003. L'ordre expirait mercredi. Mais Nyan Win a déclaré ne pas savoir si les partisans de l'opposante devaient être «contents ou tristes», étant donné qu'elle est détenue à la prison d'Insein, au nord de Rangoun, où elle est jugée et risque jusqu'à cinq de prison pour avoir enfreint les règles de son assignation à résidence en recevant début mai l'Américain John Yettaw.
 
Depuis 2008, le régime commençait à être à court d'arguments juridiques pour justifier le maintien en détention de Aung San Suu Kyi au-delà des cinq ans autorisés par cette loi, rappellent des experts. Le général Myint Thein avait assuré mardi matin que l'opposante avait été assignée à résidence pendant quatre ans et six mois, à partir du 28 novembre 2004, et que cette détention pouvait être prolongée encore de six mois, jusqu'en novembre 2009. Aung San Suu Kyi avait été arrêtée en mai 2003, mais sa détention jusqu'à novembre 2004 était valide en vertu d'une autre loi, avait-il affirmé. Au total, l'opposante a été privée de liberté pendant plus de 13 des 19 dernières années.

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