La Corée du Nord effectue un nouvel essai nucléaire souterrain et menace de recommencer

DIPLOMATIE Le Conseil de sécurité de l'ONU a entamé lundi soir une réunion d'urgence...

J.M. avec agence

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Le directeur de l'agence japonaise d'observation des séismes et tsunamis s'exprime après que la Corée du Nord a annoncé avoir effectué un nouvel essai nucléaire souterrain, le 25 mai 2009, à Tokyo.

Le directeur de l'agence japonaise d'observation des séismes et tsunamis s'exprime après que la Corée du Nord a annoncé avoir effectué un nouvel essai nucléaire souterrain, le 25 mai 2009, à Tokyo. — Yuriko Nakao / REUTERS

Comme prévu, après la condamnation unanime de la communauté internationale, le Conseil de sécurité de l'ONU a entamé lundi soir une réunion d'urgence pour discuter du nouvel essai nucléaire effectué par la Corée du Nord.

Le régime de Kim Jong Il a annoncé lundi avoir effectué «avec succès» un nouvel essai nucléaire, faisant fi des pressions internationales visant à la faire renoncer à son programme. Pyongyang a donc mis à exécution les menaces qu'elle agitait depuis le mois dernier, après la condamnation par l'ONU d'un tir de fusée à longue portée au-dessus du Japon début avril. Un haut responsable de l'ambassade nord-coréenne à Moscou a d'ores et déjà annoncé à l'agence russe Itar-Tass que son pays procèdera à d'autres essaiss nucléaires si les Etat-Unis poursuivent «leur politique d'intimidation» à leur égard.

>> La menace nucléaire coréenne en images, ici.


Selon l'agence de presse sud-coréenne Yonhap, des missiles à courte portée pourraient aussi avoir été tirés. L'armée sud-coréenne a de son côté confirmé ce tir, concernant trois nouveaux missiles.

Un séisme détecté à 10km de profondeur

Le pays a réalisé cet essai souterrain «dans le cadre de ses mesures destinées à renforcer ses capacités de dissuasion nucléaire», a indiqué l'agence de presse officielle du régime KCNA, reçue à Séoul. Celui-ci «va contribuer à garantir notre souveraineté, le socialisme, la paix et la sécurité sur la péninsule coréenne et dans la région», a ajouté l'agence qui n'a pas fourni de détails sur le lieu de l'explosion. Un responsable du département d'Etat a cependant précisé que les Etats-Unis sont «gravement préoccupés» par l'annonce de Pyongyang.

Barack Obama a de son côté estimé que les ambitions nucléaires de la Corée du Nord représentaient une «menace pour la paix» et nécessitaient «une action de la communauté internationale».



Selon KCNA, ce deuxième essai était plus puissant que le premier effectué en octobre 2006 et qui avait provoqué une crise internationale. Un porte-parole du département d'Etat américain a indiqué qu'il n'était «pas en mesure» de confirmer «à ce stade» la véracité de cette information. L'Institut américain d'études géologiques (USGS) a cependant indiqué avoir détecté un séisme de magnitude 4,7 à 9h54 locales (2h54 à Paris), à 375 kilomètres au nord-est de Pyongyang et à une profondeur de seulement 10km.

Condamnation de la communauté internationale

Une cellule de crise militaire a été constituée en Corée du Sud. Au Japon, le gouvernement a également réuni une cellule de crise et envisage de demander la convocation d'une réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU. Le porte-parole du gouvernement japonais, Takeo Kawamura, a promis que Tokyo allait «prendre des mesures sévères vis-à-vis de la Corée du Nord» et qu'il allait chercher à faire voter à l'ONU une nouvelle résolution sanctionnant le régime de Pyongyang.

De son côté, l'Union européenne a estimé qu'un test nucléaire nord-coréen serait «très inquiétant». Le secrétaire d'Etat britannique aux Affaires étrangères, Bill Rammell, a dénoncé une «violation flagrante» d'une résolution de l'ONU datant de 2006. Moscou a également fait part de son «inquiétude», tout en précisant dans un permier temps qu'elle continuait à étudier la situation, avant de confirmer l'information. selon l'agence Interfax, le ministère russe de la Défense aurait même estimé la puissance de l'explosion à «10 à 20 kilotonnes».

Même la Chine, proche alliée de la Corée du Nord, a appelé Pyongyang à «cesser toute action susceptible d'envenimer la situation».

Faut-il pour autant avoir peur de la Corée ? Pas plus que ça selon Jean-Louis Margolin, spécialiste de la vie orientale contemporaine : « La Corée du Nord n'a d'autre monnaie d'échange que la peur qu'elle suscite. Et elle mène cette stratégie d'une main de maître. »

A l’instar de l’Iran, Kim Jong-Il utiliserait l’arme nucléaire comme un moyen de pression pour se faire entendre et capter l’attention de l’administration américaine. «La question, déclarait l’historien à 20minutes.fr le 6 avril dernier, est de savoir s’il faut continuer ou non à céder à cette stratégie qui permet à l'une des pires dictatures du monde de survivre.»


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Le Conseil de sécurité de l'ONU avait condamné le 13 avril un tir de fusée balistique effectué le 5 avril par la Corée du Nord et a renforcé le régime de sanctions mis en place à son encontre en 2006. En réponse à cette condamnation, Pyongyang avait annoncé son retrait des négociations à Six (Russie, Corée du Nord et Corée du Sud, Etats-Unis, Japon et Chine), l'arrêt de sa coopération avec l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) et la réactivation de ses installations nucléaires.

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