JUSTICE - Le régime a annoncé que dix journalistes locaux et étrangers pourront recueillir des informations sur la procédure...
Dix journalistes pour couvrir le
procès d'Aung San Suu Kyi. C'est la concession à laquelle a consenti ce mercredi la junte birmane dans le cadre de la très médiatique procédure engagée contre le prix Nobel de la paix 1991. Habitué à exercer un contrôle très strict sur les médias, le pouvoir militaire n'a pas précisé les raisons ayant motivé cet assouplissement de la censure.
Au troisième jour d'audience, «dix journalistes iront cet après-midi collecter des informations liées au procès» de l'opposante, a déclaré à un responsable birman. Cinq journalistes représenteront des organes d'information étrangers et cinq autres des journaux et magazines locaux, a détaillé cet officiel, sous couvert de l'anonymat.
L'appel des prix Nobel
La veille, neuf Prix Nobel de la paix, dont le président du Costa Rica Oscar Arias ou Desmond Tutu, ont réclamé mardi la libération d'Aung San Suu Kyi. «Le procès contre Aung San Suu Kyi est une farce, il n'y a pas de système judiciaire en Birmanie», accusent-ils dans des lettres aux secrétaires généraux des Etats Unis, Ban Ki-moon, et de l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est (Anase, Asean), Surin Pitsuwan.
Outre des pressions discrètes de certains de ses alliés, le régime birman a déjà été critiqué mardi par l'Asean qui a exprimé sa «grave préoccupation» après l'ouverture du procès de l'opposante birmane, «du fait de sa santé fragile».
«L'honneur et la crédibilité du gouvernement sont en jeu»
«Les yeux de la
communauté internationale étant rivés en ce moment sur la Birmanie, l'honneur et la crédibilité du gouvernement (birman) sont en jeu», avait indiqué une déclaration de l'Asean diffusée par la Thaïlande qui préside actuellement le bloc régional, dont la Birmanie est membre.
Jusqu'ici, les rares informations sur le procès émanaient des médias officiels, ainsi que des avocats et du parti d'Aung San Suu Kyi, la Ligue nationale pour la démocratie (LND). Âgée de 63 ans, elle est accusée d'avoir enfreint les règles de son assignation à résidence en hébergeant début mai, avec la complicité de ses deux dames de compagnie, l'Américain John Yettaw, mormon de 53 ans qui a réussi à gagner à la nage la demeure de l'opposante, située en bordure d'un lac de
Rangoun.
Elle est passible de trois à cinq ans de prison si elle est condamnée pour l'affaire Yettaw, ce qui l'excluerait du paysage politique pendant les élections controversées que la junte entend organiser en 2010.
J.M. avec agence