Trois têtes tombent après le scandale des notes de frais

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Publié le 15 mai 2009.

GRANDE-BRETAGNE- Accusés de faire passer des dépenses personnelles pour des notes de frais, les députés britanniques subissent la colère de leurs électeurs. Les premières têtes viennent de tomber...

Le scandale des notes de frais des députés britanniques a fait tomber trois des 646 têtes présentes sur la liste des défraiements abusifs. Après deux députés jeudi, c'est le secrétaire d'Etat à la Justice britannique, Shalik Malik qui a été suspendu de son poste ce vendredi matin dans l'attente des résultats d'une enquête sur ses dépenses, nous apprend le bureau du premier ministre.

Jeudi après-midi, Gordon Brown a fait d'Elliot Morley un exemple à ne surtout pas suivre en suspendant le député et ancien ministre de l'Agriculture. Le «Daily Telegraph» l'accusait depuis près d'une semaine d'avoir perçu l'équivalent en livres de 18.000 euros en remboursement d'intérêts d'un crédit immobilier sur sa résidence secondaire. Motif de la colère? Bien que le crédit était arrivé à échéance en 2006, soit 18 mois plus tôt, le député continuait à en percevoir les intérêts. Elliot Morley s'est excusé de cette «erreur de comptabilité» dont il assume «la complète responsabilité». C'est chose faite depuis jeudi après-midi et sa suspension du groupe travailliste au Parlement.

«Chaque fois que les normes sont transgressées et que des erreurs sont commises, nous devons agir», a expliqué le Premier ministre, dans un discours à Ilkeston (centre de l'Angleterre) pour le lancement de la campagne de son parti en vue des élections européennes. «Dès qu'une sanction disciplinaire sera nécessaire, elle sera prise, et immédiatement». Toujours selon le quotidien de droite «Daily Telegraph», Gordon Brown aurait versé, entre 2004 et 2006, plus de 6.000 livres (6.700 euros) à son frère pour des dépenses de nettoyage. La note de frais du Premier ministre inclurait également une cuisine à 9.000 livres (10.000 euros).

«Inacceptable»
L'opposition n'est pas en reste. Le chef des conservateurs, David Cameron, a dû accepter la démission de son conseiller à la Chambre des Communes, Andrew MacKay, qui faisait lui aussi l'objet de révélations dérangeantes. Marié à la député Julie Kirkbride, Andrew MacKay a obtenu le remboursement d'une partie d'un prêt immobilier pour leur résidence londonienne jusqu'en avril 2008, pendant que sa femme se faisait indemniser pour leur deuxième maison en province. «Inacceptable», a tranché David Cameron.


En début de semaine, le chef des Tories avait déjà tapé du poing sur la table en sommant ses députés de rembourser les sommes indues, menaçant d'exclusion les réfractaires. Plus d'une vingtaine de parlementaires toutes tendances confondues ont annoncé avoir remboursé une partie des sommes allouées, pour un total cumulé de près de 200.000 euros.

Le scandale n'épargne pas les ministères français, dont les dépenses ont fait l'objet d'une enquête menée par le député socialiste René Dosière.
R.G avec agence
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