BIRMANIE - L'opposante à la junte au pouvoir est toujours assignée à résidence, et son état de santé se serait dangereusement dégradé...
Aung San Suu Kyi est au plus mal, et la France veut lui venir en aide. Rama Yade a annoncé ce lundi que le pays est prêt à apporter une aide médicale à l'opposante birmane, dont l'état de santé se serait dégradé mais qui reste assignée à résidence. La secrétaire d'Etat chargée des Droits de l'homme en a profité pour
appeler une nouvelle fois Rangoon à lui rendre sa liberté.
«Je suis très inquiète des informations faisant état d'une dégradation de l'état de santé de Mme Aung San Suu Kyi et de la détention de son médecin», s'est émue Rama Yade dans un communiqué. Attendu dès jeudi au chevet de la Prix Nobel de la paix en 1991, son médecin personnel Tin Myo Win a été arrêté pour une raison inconnue. C'est donc son assistante, Pyone Moe Ei, qui s'est rendue le lendemain au domicile d' Aung San Suu Kyi et l'a placée sous perfusion.
Elle ne peut plus manger
Rama Yade a affirmé qu'«il est de la responsabilité des autorités birmanes d'assurer que (le) Prix Nobel de la paix ait accès à un traitement médical adéquat». Rappelant «l'exigence exprimée par l'ensemble de la communauté internationale d'une libération immédiate de Mme Aung San Suu Kyi, ainsi que des autres prisonniers politiques», elle a invité «les Etats asiatiques à se joindre à cet appel».
Agée de 63 ans, Aung San Suu Kyi est assignée à résidence depuis 2003. Principale opposante de
la junte au pouvoir depuis 1962, elle a été privée de liberté pendant plus de 13 des 19 dernières années au total. Selon Nyan Win, porte-parole de son parti, la Ligue nationale pour la démocratie (LND), elle ne peut plus manger, a une tension faible et est déshydratée. Des témoins ont cependant indiqué que le régime militaire birman avait autorisé une assistante médicale à entrer ce lundi dans la résidence de l'opposante.
J.M. avec agence