MEDECINE - Connie Culp a affronté les regards lors d'une conférence de presse...
Connie Culp respire. Depuis 2004, elle ne le faisait qu'au travers d'une trachéotomie, son nez et une partie de son visage ayant été emportés par une balle, tirée en pleine face par son mari. Mais en décembre dernier, cette Américaine de 46 ans a bénéficié dans une clinique de Cleveland d'une greffe de 80% du visage, décrite par l’équipe médicale comme «la restauration fonctionnelle la plus complexe au monde à l'heure actuelle».
Pas gagné d'avance
Après plusieurs mois dans l'ombre elle a osé, mardi, affronter les regards afin de rendre hommage aux proches de la défunte qui lui a offert ses traits, et à l'équipe médicale qui l'a accompagnée dans cette épreuve. «Eh bien, je suppose que je suis celle que vous êtes venus voir aujourd'hui», a-t-elle déclaré devant la presse. Mais très vite, Connie Culp a détourné tous les honneurs vers «la famille du donneur» et «les infirmières» qui l'ont aidé à se «sentir heureuse», «à traverser tout cela» et sans qui elle estime qu'elle ne serait «pas ici» en train de parler.
Sans oublier le Dr Risal Djohan, chirurgien plastique, qui, malgré l'étendue des blessures, a tenté l'aventure de la greffe de visage la plus étendue jamais réalisée. Ce qui n'était pas gagné d'avance, car le chirurgien n'était pas sûr d'y arriver quand il a vu l'étendue des blessures pour la première fois, deux mois après le drame. «Me voilà, cinq ans plus tard. Il a fait ce qu'il avait dit, il m'a rendu mon nez», se réjouit Connie Culp.
Respirer, parler, manger, sentir
Mais avant la greffe en elle-même, une trentaine d'opération ont été nécessaire pour extraire tous les fragments osseux des tissus et préparer la structure du visage. Sa mâchoire a même été reconstituée à partir d'un os de sa propre jambe. C'est le 10 décembre dernier que l'intervention a eu lieu. Pendant 22 heures, une équipe de chirurgiens dirigés par le Dr Maria Siemionow ont raccordé les os, peau, muscles et nerfs du visage de la donneuse au sien.
Aujourd'hui, si ses expressions sont encore figées, Connie peut à nouveau faire entendre sa voix, déguster de vrais repas en percevant le goût des aliments ou sentir les odeurs qui l'entourent. Pour améliorer son aspect purement esthétique, les nouveaux muscles de son visage doivent encore réapprendre à fonctionner, et les médecins prévoient une nouvelle intervention pour retirer la peau superflue. Pas sûr que son mari Thomas, condamné à 7 ans de prison en 2004 après avoir raté sa tentative de suicide, la reconnaisse à sa sortie.
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