Après Rome, le nouveau chef de la diplomatie israélienne, l'ultranationaliste Avigdor Lieberman, était mardi à Paris. La visite du leader du parti d'extrême droite Israël Beiteinou intervient dans un contexte de relative défiance. Le jour de sa prise de fonctions, il avait semé l'effroi en Europe et à Washington en affirmant qu'Israël n'était pas lié par les négociations de paix d'Annapolis, censées aboutir à la création de l'Etat palestinien.
Face à lui, le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, et le bras droit de Nicolas Sarkozy, Claude Guéant, entendaient mardi «écouter ce qu'il a à dire», selon un diplomate français, mais aussi «passer des messages». «Le but, c'est de dire à Israël qu'il doit se prononcer en faveur d'un Etat palestinien, geler la colonisation, rouvrir Gaza (lire ici), reprendre les négociations avec la Syrie et faire un geste envers le Liban. Il y a urgence à traiter du processus de paix», explique-t-on au Quai d'Orsay. D'abord, parce que si rien n'est fait d'ici aux élections palestiniennes en janvier 2010, les radicaux pourraient étendre leur pouvoir. Ensuite, parce que l'Iran, qui appelle à «rayer Israël de la carte», risque de se doter de la bombe atomique.
Il n'est pas sûr pour autant que Lieberman puisse répondre dès maintenant aux interrogations et attentes des Européens. L'Etat hébreu ne dévoilera en effet sa nouvelle politique étrangère que dans un mois lors d'un discours très attendu. «D'ici là, il ne va pas se passer grand-chose», estime un diplomate français. De son côté, Lieberman, dont c'est la première tournée en Europe, entend presser ses partenaires sur l'Iran. Mardi, il a estimé que les efforts internationaux sur le programme nucléaire iranien ne devraient pas durer plus de trois mois, faute de quoi des «mesures pratiques» devaient être prises. Un message qu'il devrait répéter à Prague puis Berlin, dernières étapes de sa tournée.